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Culture et Showbiz
12 avril 2007

Culture et Showbiz | Jeudi 12 avr 2007 | 21:47

Le poète Claude Péloquin publie son premier livre depuis 10 ans

MONTREAL (PC) - Le poète Claude Péloquin est de retour avec un nouveau livre, après 10 ans d'absence sur les écrans radar, au terme d'une période sombre dont il dit être sorti grâce à l'écriture.

"Coeur Everest" rassemble des commentaires sur son èuvre, des articles de journaux publiés par lui et sur lui, de même que des poèmes. "C'est un vol plané sur ma carrière, a affirmé mercredi Claude Péloquin, lors d'une entrevue dans un bar montréalais. Pour quelqu'un qui continue à me suivre, ou qui veut me découvrir, c'est un bel instrument."

Cet ouvrage est le premier lancé par le poète depuis 1998. Sa publication survient au terme d'une période difficile pour l'auteur, notamment connu pour avoir écrit la chanson "Lindbergh", interprétée par Robert Charlebois.

Après avoir fait faillite en 2006, Claude Péloquin a été acquitté par un tribunal, en février dernier, d'accusations de menaces et de voies de faits envers son ex-conjointe.

"J'ai eu une ex qui acceptait mal la séparation. C'était une personnalité forte, elle-aussi. Il y a eu une chicane de ménage mais j'ai été blanchi sur toute la ligne", a-t-il expliqué.

Le poète, âgé de 64 ans, affirme qu'il a été très affecté par toute cette affaire, qui lui a notamment valu, en 2005, d'être arrêté et de passer cinq jours en prison.

Après des épisodes de perte de mémoire, il ne pouvait plus travailler et a été recueilli par des amis. Il s'est alors "remis à écrire de plus belle".

"L'écriture a été ma porte de sortie, a-t-il dit. Ca faisait longtemps que je n'avais pas pris des journées entières pour écrire."

Claude Péloquin - qui a déjà été au centre d'une controverse, au début des années 1970, à cause de sa phrase "Vous êtes pas écoeurés de mourir bande de caves", gravée dans une murale du Grand Théâtre de Québec -, estime qu'il n'avait pas connu de période de créativité aussi intense depuis qu'il était dans la vingtaine.

Il a ainsi écrit deux recueils de poèmes dans des tavernes montréalaises. Le premier, "L'Ilôt de Cupidon", sera publié en mai. Son titre est la traduction de Cupid's Cay, un endroit des Bahamas où il a vécu une quinzaine d'années avant de revenir au Québec, dans les années 1990.

Il met aussi la dernière main au deuxième recueil, "Niaagaaraa", un livre qui lui indique qu'il commence à prendre sa place "dans les grandes ligues".

"C'est très, très serré. J'ai peur de me relire dans ce livre là. Il est beau. J'ai pris du poil", a affirmé l'auteur, qui définit la poésie comme étant "l'ouverture d'esprit".

Textes corporatifs

Durant cette période de créativité, Claude Péloquin a aussi rédigé des poèmes manuscrits commandés par une vingtaine de sociétés et d'entreprises, dont il a traduit la mission de manière poétique.

"Au fond, la fiscalité est porteuse de paix, elle la sème avec flair/Il est toujours bon d'avoir quelqu'un devant soi dans le labyrinthe", a-t-il écrit au sujet de KPMG, qui offre des services de vérification et de fiscalité.

Les "textes corporatifs" écrits notamment pour Via Rail, le cabinet comptable KPMG, le groupe propriétaire des restaurants Saint-Hubert, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), le Cirque du Soleil et le Groupe Canam apparaissent d'ailleurs dans "Cèur Everest", qui tire son titre d'un poème pour la FTQ.

Une partie du tirage, soit 500 des 2000 exemplaires, a d'aillleurs été acheté par les sociétés dont les textes ont été publiés dans le livre, chez Lanctôt éditeur.

Claude Péloquin fait peu de cas des réactions que son association avec des entreprises pourrait provoquer. Selon lui, ce n'est pas pire qu'un poète qui enseigne ou qui est sur des comités de lecture pour gagner sa vie.

"Ceux qui se choquent, ils vont se choquer de toute façon pour d'autres choses, a-t-il lancé. Qu'ils aillent 'shiner' leurs souliers."

Après plus de 40 ans de 'happenings' et de poésie, Claude Péloquin n'a rien perdu de son sens de la formule choc et des opinions tranchées.

Il a d'ailleurs été troublé par le récent débat sur les accommodements raisonnables. Se défendant d'être raciste, il croit cependant que l'immigration menace de faire disparaître la nation québécoise davantage que la dénatalité où le vieillissement de la population.

"On n'est même plus chez nous. Tous les jours, à (l'aéroport de) Dorval, ça rentre à pleines portes. Laissons rentrer seulement ceux qui ont vraiment besoin de nous, pas les réfugiés (sic) économiques. On n'est pas obligés de payer des étrangers pour faire des enfants à notre place", soutient-il, en précisant qu'il a vécu "avec des Noirs" et que ses meilleurs amis sont originaires de l'ex-Yougoslavie et de l'Espagne.

Quant à l'indépendance, il n'y croit plus parce qu'un aspect important selon lui - qui serait de faire du Québec un paradis fiscal - est absent du débat politique.

"Je lance la serviette. Annexons-nous aux Etats-Unis", a-t-il dit.

En attendant, il travaille sur deux documentaires dont il est le sujet, en plus de discuter de l'adaptation d'un de ses livres au cinéma avec le réalisateur André Forcier.

Alors qu'il est à l'âge où plusieurs sont à la retraite, Claude Péloquin affirme qu'il a toujours le même goût pour le risque et l'excès qu'à 25 ans, même s'il se couche un peu plus tôt maintenant.

Malgré tout, il a hâte d'écrire son dernier mot.

"La poésie, c'est quand même une source de tourment, a-t-il dit. Je suis très seul là-dedans. Je veux avoir la paix. Je cherche. J'ai bien hâte d'avoir la paix."