Internationales
14 avril 2007
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De nombreux bureaux de vote ont ouvert avec retard dans le pays. Dans la région pétrolière de Port Harcourt, dans le sud du pays, aucun bureau n'était ouvert à la mi-journée. Les résultats ne sont pas attendus avant plusieurs jours.
A Lagos, les Nigérians votaient dans des centres électoraux improvisés sous des arbres, dans des tentes et des écoles. Des responsables distribuaient des bulletins aux électeurs inscrits, qui disparaissaient dans la foule pour faire leur choix, avant de revenir déposer leur vote dans une urne transparente.
Dans un bureau de vote, de jeunes voyous négociaient bulletins et cartes d'identité. Selon des témoins, le prix du vote était fixé à environ trois dollars (2,20 euros). Dans un autre centre, une dizaine de jeunes, torse nu, étaient postés sur un balcon et criaient en direction des électeurs, leur disant pour qui voter.
Le chef de la commission électorale, Maurice Iwu, a déclaré à la télévision publique qu'il avait été informé de "quelques problèmes ici et là". Il s'est cependant félicité de ce "premier effort dans notre transition pour passer d'un gouvernement civil élu à un autre".
Les 61 millions d'électeurs sont appelés à désigner leurs parlementaires locaux et gouverneurs ce samedi. Dans une semaine, ils retourneront aux urnes pour élire leurs parlementaires nationaux et le président. Depuis son indépendance en 1960, l'ancienne colonie britannique n'a jamais assisté au transfert du pouvoir entre civils.
La course à la présidence s'est révélée chaotique dans ce pays de 140 millions d'habitants, divisé en 36 Etats. Les affrontements politiques ont fait des dizaines de morts et les craintes d'irrégularités se sont réveillées.
Dans la région pétrolière du sud, des hommes armés ont attaqué un commissariat à Port Harcourt samedi, tuant sept policiers, selon la police. Un chef de gang a revendiqué l'attaque. Trois soldats ont été blessés dans un autre incident, alors que des hommes armés tuaient trois personnes dans la nuit. Dans un Etat voisin, des combats entre partisans politiques rivaux ont fait quatre morts, selon Larry Hayford, un journaliste local qui se trouvait sur place.
D'importantes mesures de sécurité étaient en place samedi pour le scrutin. La circulation était interdite, à l'exception des véhicules officiels. Les forces de l'ordre, armées pour la plupart de kalachnikov neuves, patrouillaient. Les soldats arrêtaient les voitures aux principaux carrefours, et surveillaient les quartiers sensibles.
L'un des principaux candidats est le général Muhammadu Buharri, homme fort de l'ère militaire des années 80 qui a été au pouvoir 20 mois seulement. Son régime était connu pour ses violations des droits de l'Homme, mais beaucoup le jugent apte à tenir tête à l'élite politique corrompue. Un autre candidat sérieux est un homme timide, largement considéré comme le successeur désigné d'Obasanjo. Il s'agit d'Umaru Yar'Adua, gouverneur de l'Etat de Katsina (nord), investi par le parti au pouvoir (Parti démocratique des peuples, PDP).