Internationales
29 avril 2007
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Son entourage s'est refusé à tout commentaire sur le rapport dimanche mais a affirmé que M. Olmert affronterait l'orage. Après avoir assuré l'intérim Ariel Sharon tombé dans le coma en janvier 2006, il a remporté les élections législatives de justesse au mois de mars suivant, à la tête du parti centriste Kadima.
Confronté depuis le début à une virulente opposition, Ehoud Olmert devrait voir sa situation s'aggraver avec le rapport sur la guerre de l'été 2006, qui avait commencé avec l'enlèvement de deux soldats israéliens par le Hezbollah libanais le 12 juillet et s'était achevée 34 jours plus tard sans vainqueur.
La première partie du compte-rendu de la commission, dont les conclusions complètes seront publiées à l'été, portera sur les six premiers jours de combat, quand les objectifs de la guerre ont été formulés, et les six ans qui se sont écoulés depuis le retrait israélien du Liban-Sud en mai 2000.
Des responsables proches du dossier ayant requis l'anonymat ont donné pendant le week-end des indications qui confirment les informations de la presse israélienne: il apparaît que MM. Olmert et Péretz ont fait preuve de précipitation et de manque de jugement dans leurs décisions au début de la guerre, et que ces erreurs ont été aggravées par leur manque d'expérience et de familiarité avec les questions de défense.
Il faut dire qu'aucun des deux hommes n'avait d'expérience militaire et que les combats ont commencé moins de deux mois après leur prise de fonctions. L'ancien chef de l'état-major de l'armée Dan Halutz, qui a démissionné en janvier, est d'ailleurs également épinglé pour n'avoir pas suffisamment informé les dirigeants sur les options militaires, minimisé la menace des roquettes du Hezbollah et tu les dissensions au sein du commandement militaire, selon les médias israéliens.
A l'issue de la guerre, qui a fait entre 1.035 et 1.191 morts, des civils pour la plupart, côté libanais, et 159, dont 120 soldats, côté israélien, aucun des deux objectifs fixés par Ehoud Olmert n'avait été atteint -ni l'élimination du Hezbollah, ni la libération des deux soldat israéliens. Près de 4.000 roquettes des milices islamistes s'étaient écrasées sur le nord de l'Etat hébreu et les soldats revenaient en colère, se plaignant du manque de préparation, de coordination et de matériel.
Sous la pression de l'opinion publique mécontente, Ehoud Olmert a accepté en septembre 2006 de créer une commission d'enquête. Celle-ci ne possède pas le pouvoir de limoger des responsables mais ses conclusions pourraient déclencher des manifestations et forcer M. Olmert et le travailliste Amir Péretz à partir.
Des membres de l'opposition mais aussi du Parti du ministre de la Défense ont dès dimanche appelé à la démission du chef du gouvernement. Deux députés de l'opposition ont déclaré qu'ils demanderaient la dissolution du Parlement et la tenue d'élections législatives anticipées.
Cependant, malgré son impopularité et les scandales sexuels et de corruption qui frappent son gouvernement, Ehoud Olmert pourrait se maintenir si ses partenaires préfèrent le soutenir que retourner aux urnes dans un contexte défavorable. L'ancien Premier ministre Benyamin Nétanyahou, chef du Likoud nationaliste, est en effet donné vainqueur dans les sondages.