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07 juillet 2007

Internationales | Samedi 07 jui 2007 | 12:33

Benoît XVI lève les restrictions sur la célébration de la messe en latin

CITE DU VATICAN (AP) - Le pape Benoît XVI a publié samedi un texte autorisant un plus large recours à la messe traditionnelle en latin, tout en assurant qu'il ne s'agissait pas d'une remise en cause des réformes du concile de Vatican II.

Dans sa lettre apostolique en forme de "motu proprio" sur "l'usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970", Benoît XVI autorise le curé à célébrer la messe de rite tridentin dans les paroisses où "il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure" qui le demandent. Jusqu'à présent, l'évêque devait approuver de telles requêtes.

Le "motu proprio" est un acte législatif pris et promulgué par le pape de sa propre initiative, et non pour répondre à une sollicitation. Il s'agit d'un acte équivalant à un décret, pour préciser des règles d'administration et d'organisation dans l'Eglise.

Les catholiques traditionalistes se réjouissent du décret de Benoît XVI, mais certains membres du clergé moins conservateurs s'inquiètent d'un retour en arrière par rapport à l'une des réformes clés du concile Vatican II (1962-65): la célébration de la messe dans la langue du pays et non plus en latin. Des associations juives ont également exprimé leur préoccupation concernant la présence d'une prière pour la conversion des juifs dans le rite tridentin.

L'ancienne messe en latin n'a jamais été abolie, mais son utilisation a été restreinte après l'introduction de la nouvelle liturgie. Elle devait être autorisée par les évêques locaux, ce que beaucoup n'ont pas fait, faute de demande ou bien parce qu'ils ne voulaient pas ou n'avaient pas de prêtres sachant la célébrer.

Dans une lettre aux évêques qui accompagne la lettre apostolique, Benoît XVI tente d'apaiser les craintes exprimées par certains prélats. Il souligne ainsi que la "crainte d'amenuiser l'Autorité du Concile Vatican II et de voir mettre en doute une de ces décisions essentielles, la réforme liturgique", n'est "pas fondée".

Benoît XVI explique que son nouveau "motu proprio" vise à "parvenir à une réconciliation interne au sein de l'Eglise". Il s'agit notamment d'y ramener le mouvement catholique ultraconservateur fondé par l'évêque français excommunié Marcel Lefebvre.

Pour Benoît XVI, "l'histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l'improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste (...) Evidemment (...), les prêtres des communautés qui adhèrent à l'usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux" rites.

En définitive, souligne le souverain pontife, "rien n'est donc retiré à l'autorité de l'Evêque dont le rôle demeurera de toute façon de veiller à ce que tout se passe dans la paix et la sérénité".