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09 juillet 2007

Internationales | Lundi 09 jui 2007 | 12:40

Les membres du cabinet Blair avaient de sérieux doutes sur l'Irak, selon Campbell

LONDRES (AP) - Les membres du gouvernement de Tony Blair avaient de sérieux doutes sur la guerre en Irak, rapporte un ancien conseiller de l'ex-Premier ministre britannique dans ses mémoires publiées lundi.

Selon Alastair Campbell, conseiller en communication de Tony Blair de 1997 à 2003, ce dernier n'avait pas de doute sur l'invasion de l'Irak, qui a pourtant divisé son Parti travailliste et le pays. "Nous avons, je pense, tous eu des moments assez importants de doute, mais pas lui, ou alors il nous l'a caché", écrit-il dans son journal à la date du 18 mars 2003, soit le lendemain du vote au Parlement britannique approuvant la guerre.

Lors d'une réunion du cabinet la veille, le vice-Premier ministre John Prescott et le président du Parti travailliste John Reid "et un ou deux autres avaient l'air physiquement malades", raconte-t-il. Les dissensions sur l'Irak à l'époque dans le gouvernement étaient un fait bien connu.

"Les Années Blair" sont un condensé des notes consignées par Campbell dans des journaux personnels à l'époque où il travaillait au 10 Downing Street. Selon des extraits publiés dimanche, M. Blair avait envisagé de quitter son poste à la mi-2002, plus de six mois avant l'invasion de l'Irak.

"Il a dit 'en réalité, je n'ai jamais véritablement eu l'intention de faire plus de deux mandats complets"', rapporte son ancien conseiller en communication. Campbell raconte au "Sunday Times" avoir prévenu Tony Blair qu'il risquait de devenir un "canard boiteux" à un moment important, et le projet a finalement été abandonné.

Campbell avait démissionné en 2003 après une enquête sur la mort de l'expert en armement David Kelly, qui s'était suicidé après avoir été présenté comme la source d'une information de la BBC mettant en cause le 10 Downing Street sur la justification de la guerre en Irak. Alastair Campbell n'avait pas été incriminé par les investigations, mais avait choisi de partir.

Il raconte dans son livre que cette période fut l'une des pires de sa vie. "J'étais un acteur dans une série d'événements qui ont conduit d'une manière ou d'une autre un homme à décider qu'il devait se tuer", a-t-il déclaré à la BBC. Il assure toutefois n'avoir rien à se reprocher dans cette affaire.

Certains critiques font valoir que les mémoires de Campbell omettent de donner des détails sur la relation tendue entre Tony Blair et son ministre des Finances Gordon Brown, qui lui a succédé au poste de Premier ministre.

L'ancien conseiller en communication rétorque ne pas avoir voulu donner de munitions à l'opposition conservatrice. Le nouveau locataire du 10 Downing Street a de son côté indiqué qu'il n'avait pas l'intention de lire l'ouvrage.