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14 juillet 2007

Les Irakiens prêts à assurer la sécurité en cas de départ des Américains, selon Maliki

Internationales | Samedi 14 jui 2007 | 14:34

Les Irakiens prêts à assurer la sécurité en cas de départ des Américains, selon Maliki

BAGDAD (AP) - Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a affirmé samedi que la police et l'armée étaient en mesure d'assurer la sécurité à travers le pays en cas de départ des forces américaines. Il a cependant reconnu la nécessité d'une formation et d'un approvisionnement en armes supplémentaires, sur fond de nouveaux attentats à Bagdad qui ont fait au moins huit morts.

M. Maliki a cherché à faire montre d'assurance à l'heure où la pression s'accentue au Congrès américain en faveur d'un retrait et où l'administration Bush fait état de maigres progrès dans la mise en oeuvre des réformes politiques qu'elle souhaite voir appliquer en Irak.

A ce sujet, le Premier ministre irakien a précisé que la difficulté à promulguer les réformes était "naturelle" compte tenu des violences et des troubles que connaît son pays. Il a avancer que son gouvernement avait besoin de plus de "temps et d'effort" pour y parvenir.

Le chef de la diplomatie irakienne Hochyar Zebari avait agité cette semaine le spectre d'une guerre civile et d'un effondrement du gouvernement si les Américains quittaient le pays. Mais Nouri al-Maliki a assuré samedi aux journalistes que les Irakiens étaient en mesure d'assumer pleinement leur responsabilité sur le plan de la sécurité "si les forces internationales se retiraient" au moment de leur choix.

Le Premier ministre irakien a cependant ajouté qu'il faudrait "plus d'armes" et de formation aux forces irakiennes pour être prêtes à remplir cette mission, en cas de départ des soldats étrangers. Vendredi, le Pentagone, par la voix du général Peter Pace, chef d'état-major interarmes, avait déclaré que le nombre de bataillons irakiens pouvant opérér sans un soutien américain était passé ces derniers mois de dix à six.

De son côté, le parlementaire chiite Hassan al-Souneïd, proche conseiller de M. Maliki, a estimé que les Etats-Unis traitaient l'Irak comme "une expérience dans un laboratoire américain". Il a vivement critiqué l'armée américaine, affirmant qu'elle commettait des violations en matière de droits de l'Homme, embarrassait le gouvernement irakien avec ses tactiques et coopérait avec des groupes de "meurtriers" dans sa campagne contre Al-Qaïda en Irak.

Des propos rares exprimant un profond degré de frustation envers les Américains alors que Bagdad a été le théâtre samedi de nouvelles violences meurtrières. Dans la matinée, un attentat à la voiture piégée a soufflé un immeuble de deux étages dans le quartier d'Amel (ouest) et en a endommagé un second, faisant un mort et cinq blessés, selon un responsable de la police. Il a précisé que des recherches avaient été lancées en vue de déterminer s'il y avait d'autres victimes. Quelques heures plus tard, un kamikaze a lancé son véhicule chargé d'explosifs sur des voitures qui attendaient à une station-service à Camp Rachid vers 11h30 locales: sept civils ont été tués et quinze autres blessés, a-t-on précisé de source policière.

Dans les faubourgs sud de Bagdad, l'ancien vice-Premier ministre Ahmed Chalabi est sorti sain et sauf d'une attaque alors qu'il rendait visite à des membres d'une tribu à Madaïn. Le bâtiment où se déroulait la rencontre a essuyé des tirs d'obus de mortier, qui sont tombés près des voitures de l'entourage de M. Chalabi à l'extérieur, a expliqué son porte-parole Ayad Kazem Sabti.

L'ancien dirigeant en exil, proche de Washington, et sa délégation ont alors fui le bâtiment et été la cible de coups de feu au moment de leur départ. Personne n'a été blessé à bord du convoi, selon le porte-parole.

Parallèlement, l'armée américaine a annoncé la capture d'un responsable présumé d'une cellule d'Al-Qaïda en Irak à l'aéroport international de Bagdad. Le suspect, qui aurait organisé des attaques à la bombe et au mortier dans la capitale et ses environs, s'est rendu sans opposer de résistance, a expliqué l'armée dans un communiqué. Elle n'a pas fourni de détails sur l'individu appréhendé ni précisé s'il quittait le pays ou regagnait l'Irak au moment de son arrestation.