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22 juillet 2007

Internationales | Dimanche 22 jui 2007 | 15:13

Le parti au pouvoir au Cameroun, favori d'élections législatives et municipales contestées

YAOUNDE (AP) - Plus de cinq millions de Camerounais étaient appelés aux urnes dimanche pour des élections législatives et municipales qui devraient marquer une nouvelle victoire pour le parti du président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982 et largement majoritaire. L'opposition dénonce elle des fraudes massives.

Les bureaux de vote ont fermé à 18h (17h GMT), mais les résultats ne sont attendus que dans deux semaines.

"Ce que j'attend maintenant, c'est une majorité confortable, ce qui me permettra de construire et de moderniser le pays", a déclaré le président Biya à la presse, alors qu'il venait de glisser son bulletin de vote dans l'urne à Yaoundé.

Son parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), détient 149 des 180 des sièges du Parlement. Quatre sont occupés par des petits partis alliés à la majorité et les deux formations d'opposition, le Front social démocrate (SDF) et l'Union démocratique camerounaise (UDC), se partagent les 27 autres. Le RDPC truste aussi 290 des 336 mandats de maire que compte le pays.

Comme lors des précédentes élections de 1997 et de 2002, l'opposition dénonce des fraudes massives. "Ces élections sont un simulacre", a lancé John Fru Ndi, leader du SDF et ancien candidat à la présidentielle.

Selon lui, l'encre utilisée pour marquer les doigts des votants peut s'effacer dans la plupart des cas. Il a aussi affirmé que les bulletins de vote n'étaient pas arrivés dans la ville de Bankin, dans le nord, où les militants des deux camps en sont venus aux mains.

Les responsables des opérations de vote n'ont pas pu être joints pour commenter ces accusations.

Paul Biya, âgé de 74 ans, a pris la tête du pays en 1982 quand son prédécesseur Ahmadou Ahidjo est parti à la retraite. Dans les années 1990, le multipartisme a fait son apparition au Cameroun mais sans apporter de grands changements à l'écrasante domination du RDPC sur la vie politique, l'opposition restant faible et divisée.

Dans ces conditions, peu d'électeurs se sont déplacés jusqu'aux urnes dimanche. "Qu'est-ce que j'en ai à faire des élections législatives ou d'aller élire un maire? Ceux qui ont été élus, qu'est-ce qu'ils ont fait pour changer notre vie?", interrogeait Ebenezer Penda, un conducteur de vélo-taxi de 36 ans rencontré à Douala, la capitale économique du pays.

Le Cameroun est un pays majoritairement francophone. Mais environ 20% de ses 15 millions d'habitants sont anglophones. Ces derniers se plaignent d'être victimes de discriminations et luttent pour obtenir une forme d'autonomie.