Internationales
14 octobre 2007
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Les sites d'informations étrangers, dont ceux de la BBC et CNN, restaient inaccessibles depuis la Birmanie, tout comme les blogs et les sites de dissidents diffusés depuis l'étranger qui avaient donné des informations sur les récentes manifestations pro-démocratie.
L'accès à Internet avait été coupé le 28 septembre, deux jours après que des soldats eurent ouvert le feu sur des manifestants à Rangoon. Des images de ces violences avaient circulé sur Internet. Les liaisons Internet avaient été rétablies par intermittence au début du mois pour de courtes périodes pendant la journée.
Les autorités ont aussi relâché le couvre-feu nocturne. Il a été réduit à quatre heures -de 23h à 3h-, à compter de samedi soir. Il allait initialement de 21h à 5h.
Les propriétaires de cafés Internet autour de Rangoon ont annoncé qu'ils souhaitaient rouvrir, après le rétablissement des liaisons dimanche. "Nous allons reprendre le travail", a déclaré Sithu, qui dirige un café Internet à Rangoon. Pendant la répression, il a affirmé que les autorités lui avaient demandé de surveiller les sites Internet que ses clients consultaient.
Ces concessions, néanmoins, interviennent alors le gouvernement continuerait à détenir des dissidents.
Ainsi, samedi, les forces de sécurité ont arrêté quatre opposants importants, dont trois membres du Groupe d'étudiants de la Génération 88, qui étaient entrés dans la clandestinité pour échapper à la traque des autorités, après avoir dirigé certaines des premières manifestations contre le régime, il y a quelques semaines, selon Amnesty International.
Par ailleurs, l'émissaire des Nations unies, Ibrahim Gambari est arrivé dimanche en Thaïlande, première étape d'une tournée qui le verra gagner la Malaisie, l'Indonésie, l'Inde, la Chine et le Japon, pour finir par une visite en Birmanie, la deuxième depuis le début du mois.
Le régime birman a répété par l'intermédiaire du journal officiel "Lumière nouvelle du Myanmar" (le nom officiel de la Birmanie) qu'il s'en tenait à son plan initial de rédaction d'une nouvelle Constitution puis d'élections, présenté comme une feuille de route en sept étapes vers la démocratie. Dans son édition dominicale, le journal qualifie les Birmans participant au soulèvement de "traîtres à la patrie (qui) connaîtront bientôt une fin tragique".
Les chefs de la diplomatie de l'Union européenne, qui se voient lundi à Luxembourg, réfléchiront à des sanctions contre la junte birmane. Ils devraient réclamer, lors de leur conseil mensuel, que la junte mette un terme à "toute répression violente et intimidation" contre le mouvement démocratique et appeler à la libération des prisonniers politiques, dont la dissidente Aung San Suu Kyi, qui a vécu en résidence surveillée pendant 12 des 18 dernières années.
Au chapitre sanctions, ils devraient envisager un gel des investissements, le gel des avoirs de membres de la junte, le gel des octrois de visas. Ils devraient aussi chercher à élargir les sanctions à l'importation sur des produits comme le bois, les métaux précieux et les pierres précieuses.
Les 26 et 27 septembre dernier, les forces de sécurité birmanes ont réprimé dans le sang les manifestations emmenées par les moines bouddhistes depuis plusieurs jours. Les autorités font état de dix morts et 2.100 arrestations mais des diplomates et des dissidents évoquent un bilan bien plus important, et jusqu'à 6.000 interpellations. Des personnes interpellées auraient été battues et torturées pendant des interrogatoires.
Par ailleurs, la Birmanie a organisé dimanche des funérailles d'Etat pour le Premier ministre Soe Win, mort vendredi dans un hôpital militaire des suites d'une leucémie aiguë, selon sa famille. Il avait 59 ans et était le numéro quatre de la junte militaire.