Internationales
17 octobre 2007
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Le texte, approuvé par 507 voix contre 19, autorise pendant une année le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan à envoyer l'armée dans le Kurdistan irakien, a annoncé le président du Parlement Koksal Toptan. Une décision applaudie par les parlementaires.
Tous les partis présents au Parlement, à l'exception d'une petite formation kurde, avaient soutenu la motion. Les principaux responsables turcs ont cependant assuré que l'intervention contre les rebelles du Parti des travailleurs kurdes (PKK) ne serait pas lancée immédiatement.
Le président américain George W. Bush a fait savoir que Washington avait clairement appelé Ankara à ne pas lancer d'offensive transfrontalière contre les séparatistes kurdes dans le nord de l'Irak. "Nous avons clairement dit à la Turquie que nous ne pensons pas qu'il soit dans son intérêt d'envoyer des hommes en Irak", a-t-il déclaré, rappelant qu'il y avait déjà des soldats turcs stationnés dans la région.
Le Premier ministre turc a écarté ces conseils extérieurs. "Ce qui est important, c'est la décision du Parlement, pas ce que disent les gens", a-t-il fait valoir, selon la chaîne de télévision privée NTV. Ankara reproche aux Etats-Unis de ne pas soutenir sa lutte contre le PKK en Irak, et déplore en outre une résolution du Congrès reconnaissant le génocide arménien par l'armée turque.
En visite à Paris, le président irakien Jalal Talabani en a appelé à la "sagesse" de M. Erdogan et au dialogue. "Nous, le gouvernement irakien, nous sommes prêts à coopérer avec les autorités turques pour arriver à un accord", a assuré M. Talabani, lui-même kurde. Il a notamment réclamé "l'activation" d'une commission irako-turco-américaine destinée à résoudre les tensions transfrontalières.
"Nous avons demandé au PKK de cesser les combats, de mettre fin à ses activités militaires (en Turquie), sinon nous leur demandons de quitter notre pays", a-t-il ajouté. Leurs activités vont "contre l'intérêt du peuple kurde" et "contre l'intérêt de la Turquie". "Nous ne tolérerons pas qu'ils soient à l'intérieur de l'Irak, aillent en Turquie pour perpétrer des violences, pour revenir ensuite (en Irak)", a encore prévenu le président irakien.
Voix discordante, le président syrien Bachar el-Assad a estimé que la Turquie pouvait légitimement mener une opération militaire transfrontalière contre les séparatistes kurdes basés en Irak. "Nous comprenons qu'une telle opération viserait un certain groupe qui attaque les soldats turcs", a déclaré le raïs syrien à la presse. "Nous considérons cela comme le droit légitime de la Turquie", a-t-il ajouté, expliquant que Damas soutenait les décisions turques sur ce point.