Internationales
18 octobre 2007
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Malgré des méthodes de campagne plus modernes et agressives, les conservateurs du PiS, le parti des jumeaux Kaczynski -le président Lech et le Premier ministre Jaroslaw-, fait la course à la traîne derrière la Plateforme civique, la droite libérale d'opposition. Ainsi, le dernier sondage en date, réalisé par l'agence GfK Polonia mardi, plaçait en tête la Plateforme civique avec 31% des intentions de vote, en baisse cependant de deux points par rapport à la veille, devant le PiS (28%, en baisse de cinq points).
Vient en troisième position la coalition Gauche et Démocrates, (LiD), alliance emmenée par l'ancien président Aleksander Kwasniewski, avec 12% d'intentions de vote. Le Parti des paysans polonais (PSL) ferme la marche des formations susceptibles d'être représentées à la chambre basse de la Diète polonaise.
Ce sondage -réalisé auprès de 1.000 personnes sans marge d'erreur fournie-donnerait à la Plateforme civique, parti pro-affaires, avec 185 sièges, bien loin des 231 nécessaires pour obtenir la majorité. "Si aucun parti ne remporte la majorité pour gouverner seul, et que la Plateforme obtient le plus de sièges, la coalition la plus probable est entre la Plateforme civique et le Parti des paysans polonais", explique Mikolaj Czesnik, de l'Académie polonaise des sciences, qui s'appuie sur la collaboration déjà mise en place entre les deux formations au niveau local.
Mais, même avec les sièges des Paysans -11, selon le dernier sondage-, la coalition ne serait pas majoritaire et pourrait convaincre le chef de la Plateforme, Donald Tusk, de nouer une alliance avec le LiD.
Reste que la course est serrée et que les conservateurs du PiS ont prouvé lors des élections de 2005 leur capacité à renverser la tendance lors des derniers jours de campagne. Selon les analystes, en cas de victoire du PiS, Jaroslaw Kaczynski -qui a souhaité ces élections anticipées pour mettre fin à la crise en cours depuis deux ans-pourrait alors piocher des députés dans les rangs de la Plateforme civique, ses anciens alliés -le parti populiste Autodéfense et l'ultraconservatrice Ligue des Familles Polonaises-ne semblant pas susceptibles de garder leurs sièges.
Si le PiS et la Plateforme puisent tous les deux leurs racines dans le mouvement anticommuniste Solidarité, Mikolaj Czesnik juge une "grande coalition" entre les deux formations "hautement improbable" en raison de leurs divergences. La Plateforme civique est plus pro-européenne tandis que le PiS fait de la lutte contre la corruption et les communistes son cheval de bataille. De plus, les deux partis se sont livrés un combat acharné en 2005 et leurs relations sont toujours très tendues.
La chambre basse de la Diète a voté début septembre sa propre dissolution à une écrasante majorité, répondant ainsi au souhait d'élections anticipées des frères Kaczynski, en quête d'un regain de légitimité électorale après l'effondrement cet été de leur coalition.
A l'approche du scrutin, les attaques se font plus dures entre les deux camps. Mercredi, Donald Tusk a ainsi comparé Jaroslaw Kaczynski au ministre de l'Intérieur de l'époque communiste, le général Czeslaw Kiszczak et au leader communiste Wojciech Jaruzelski, qui avaient imposé la loi martiale en 1981.
"Les dirigeants qui violent les principes de la démocratie et de la décence vis-à-vis de l'opposition lors d'une campagne perdent les élections en Pologne", a-t-il déclaré. "Comme Jaruzelski et Kiszczak, Kaczynski quittera le pouvoir".