Nationales
20 octobre 2007
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Mme Marois répliquait ainsi au ministre de la Santé, Philippe Couillard, qui l'a accusé vendredi de vouloir créer deux classes de citoyens avec son projet de loi sur l'identité québécoise déposé cette semaine à l'Assemblée nationale, et qui obligerait les nouveaux arrivants à atteindre un niveau de français dit "approprié" pour obtenir la citoyenneté québécoise, et ainsi pouvoir se présenter aux élections, par exemple.
A l'occasion de la conférence nationale des présidentes et des présidents du Parti québécois à Terrebonne samedi, Pauline Marois, qui les rencontrait pour la première fois depuis son élection dans Charlevoix, en a également profité pour déposer un document de réflexion qui devrait servir à alimenter un éventuel programme électoral.
"Dès demain matin, s'il y avait une vote de confiance qui était suscité par une politique budgétaire quelconque, nous serions prêts à voter contre le gouvernement", a-t-elle déclaré en conférence de presse en fin d'après-midi, précisant cependant être consciente que le PQ ne pourrait faire tomber à lui seul le gouvernement libéral.
Depuis la désignation de Pauline Marois à la tête du PQ, le parti ne se cache pas de tenter de récupérer le discours sur les questions d'identité nationale, monopolisé par l'Action démocratique du Québec de Mario Dumont lors des dernières élections.
"Quand on arrive troisième dans une élections, j'imagine qu'on a été dépassé quelque part", a laissé entendre la chef péquiste.
Les projets de loi 195 et 196 qui ont été déposés jeudi par Mme Marois et le député Daniel Turp proposent de protéger l'identité du Québec en favorisant la prédominance du français et grâce à l'adoption d'une constitution québécoise. De nouveaux programmes d'intégration des immigrants sont également inclus dans la proposition péquiste.
Or, plusieurs s'interrogent quant à la possibilité qu'une telle constitution québécoise soit à l'encontre de la Charte canadienne des droits et libertés. Le ministre responsable des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, avance que le projet, unanimement dénoncé, selon lui, ferait en sorte que l'identité québécoise contienne moins de droits pour les nouveaux arrivants que la citoyenneté canadienne.
La chef péquiste compare la levée de boucliers qui a suivi le dépôt de ses projets de loi avec celui qui avait suivi l'adoption de la loi 101 en 1977.
"Je ne peux pas croire que 30 ans après la loi 101, on se questionne encore sur le bien fondé de protéger la langue française."
Pour défendre son projet, elle a rappelé que pour avoir droit à la citoyenneté canadienne, un immigrant devait nécessairement connaître l'anglais ou le français.
"Alors vous allez m'expliquer en quoi le fait de demander à une personne qui immigre au Québec d'apprendre le français est-il si différent? a-t-elle martelé. En quoi la citoyenneté canadienne est-elle plus inclusive que la citoyenneté québécoise?"
La présidente du Conseil exécutif national, Monique Richard, a pour sa part affirmé que le PQ posait ainsi la première pierre d'un programme qui lui permettra de se réapproprier le "nous".