Internationales
16 novembre 2007
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Des compromis ont été nécessaires pour aboutir à cet accord, intervenu après quatre jours de négociations parfois tendues et une longue nuit de travail, mais le document qui en résulte est "bon et équilibré", estime Bert Metz, un scientifique néerlandais qui a contribué à sa rédaction.
Ce résumé d'une vingtaine de pages, ainsi qu'un "rapport de synthèse" d'environ 70 pages également approuvé vendredi, a été officiellement adopté après relecture vendredi soir. Il doit être diffusé ce samedi, avant que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon ne s'exprime lors de la conférence du GIEC.
Le document, qui résume des milliers de pages de données et de projections, doit servir de référence pour les décideurs politiques ces prochaines années. Et ce, dès la conférence de l'ONU organisée à Bali, en Indonésie du 3 au 14 décembre, qui doit lancer les négociations pour un nouvel accord international sur la réduction des gaz à effet de serre, en remplacement du protocole de Kyoto, qui expire en 2012.
Le résumé ne contient aucune information nouvelle. Il reprend les éléments clés de trois précédents rapports publiés cette année par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et qui totalisent quelque 3.000 pages.
"Le réchauffement du système climatique est sans équivoque", affirme-t-il en préambule, dans une déclaration visant à dissiper tout doute sur la réalité du changement climatique. Dans une conclusion qui a suscité bien des débats, le document avertit que le réchauffement, lié à l'activité humaine, risque de causer "des changements abrupts et irréversibles", comme l'extinction de nombreuses espèces et une montée spectaculaire du niveau des océans d'ici la fin du siècle, ont précisé des participants sous couvert d'anonymat.
Le texte est un "message clair adressé aux décideurs politiques", estime Hans Verolme, du Fonds mondial pour la nature (WWF), l'une des organisation de défense de l'environnement présente à Valence en tant qu'observateur. "Les scientifiques ont fait leur travail. Maintenant la question est de savoir ce que les décideurs vont en faire."
Le texte débattu à Valence est le fruit de plus de deux ans de travail des experts du GIEC, organisation internationale sous l'égide de l'ONU, qui a reçu le mois dernier le prix Nobel de la paix avec l'ancien vice-président américain Al Gore.
Le document a donné lieu à des négociations ardues cette semaine. Selon des participants, la délégation américaine a mis en doute les passages les plus percutants soulignant l'urgence de réduire les émissions de dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre. Mais les éléments clés ont été maintenus, ajoutent-ils.
Le résultat est "bien que meilleur que ce à quoi je m'attendais", a déclaré Jean-Pascal van Ypersele, le chef scientifique de la délégation belge. Le rapport souligne plus clairement que les rapports précédents les risques auxquels les systèmes les plus vulnérables de la Terre sont confrontés, ajoute-t-il.
Le document est important car adopté par consensus, ce qui signifie que tous les gouvernements participants acceptent ses conclusions et ne peuvent les désavouer. Il fournira ainsi une base scientifique commune pour la conférence de Bali.