Nationales
29 novembre 2007
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Jeudi, Pauline Marois a assuré que si elle est portée au pouvoir elle ne haussera pas la taxe de vente du Québec, renonçant à profiter de la baisse d'un point de TPS annoncée par le fédéral à compter du 1er janvier.
Mais du même souffle, elle a reproché au gouvernement Charest de ne pas avoir profité de l'occasion pour hausser la TVQ d'un point.
De plus, une entrevue récente de Mme Marois à un journal étudiant, de même qu'une déclaration mercredi d'un de ses porte-parole n'ont rien fait pour dissiper l'imbroglio.
Jeudi matin, la chef du PQ a donc convoqué les journalistes pour affirmer que si elle devenait chef du gouvernement, "on n'augmentera pas la TVQ".
Pourtant, la veille, un de ses attachés de presse, Manuel Dionne, a affirmé exactement le contraire à un quotidien, en soutenant que la chef péquiste est "favorable" à une hausse de la TVQ.
Mais jeudi, il a été contredit à la fois par sa chef et par l'attachée de presse de celle-ci, Christiane Miville-Deschênes, qui n'a pas hésité à juger que son collègue "s'est planté".
Le climat de confusion s'était installé, plus tôt cette semaine, lors d'une entrevue de Mme Marois à l'hebdomadaire L'Exemplaire, produit par les étudiants en journalisme de l'Université Laval.
Elle avait alors répondu par l'affirmative, quand on lui avait demandé si elle allait récupérer le point de TPS une fois élue première ministre.
Bref, jeudi, Mme Marois a prévenu qu'elle "ne remettra pas la pâte à dents dans le tube" si elle prend les rênes du gouvernement, tout en déplorant que le gouvernement en place ait pris une décision équivalant à bouder des rentrées fiscales annuelles de l'ordre du milliard de dollars.
"Je crois que c'était de la part du gouvernement une occasion ratée que de ne pas occuper le champ laissé libre par le un pour cent de la TPS", a-t-elle tranché.
Selon elle, hausser la TVQ en janvier, au moment de la baisse de TPS, serait une bonne chose parce que "ça ne coûterait rien de plus aux citoyens".
Les consommateurs n'auraient donc pas vu la différence, ce qui ne serait pas le cas si un gouvernement péquiste imposait une hausse équivalente de la TVQ dans quelques années.
En avril 2006, le député péquiste François Legault, actuel critique de Mme Marois en matière de finances, avait pris position publiquement en faveur d'une hausse de la TVQ équivalente à la baisse de la TPS promise par les conservateurs fédéraux. Il s'était fait aussitôt rabrouer par son chef d'alors, André Boisclair, qui ne partageait pas cet avis.
En Chambre, jeudi, le premier ministre Jean Charest a sauté sur l'occasion pour tourner en ridicule sa rivale, qui veut selon lui encourager "les consommateurs à aller acheter à Plattsburgh. Ce n'était pas assez pour elle d'envoyer les malades du Québec à Plattsburgh, là elle veut envoyer les consommateurs du Québec à Plattsburgh".
Ottawa a annoncé en septembre que la TPS serait réduite d'un point de pourcentage à compter de janvier prochain, et Québec a réagi en renonçant à occuper ce champ fiscal par une hausse équivalente de la TVQ.