Nationales
10 janvier 2008
|
Des groupes de défense des droits de la personne prétendent que d'enchaîner des prisonniers pendant de longues périodes équivaut à les torturer.
La direction nationale afghane de sécurité stipule de son côté que l'utilisation de chaînes reliant les mains aux pieds de ses prisonniers est faite pour des raisons de sécurité et de protection, a récemment déclaré David Connor, un agent du SCC, au cours de son témoignage dans un procès intenté par Amnistie internationale et l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique.
"Ils expliquent leur utilisation des chaînes par des raisons de sécurité, a déclaré M. Connor. Nous travaillons ardemment avec eux pour les en dissuader."
La Presse Canadienne a obtenu une transcription officielle du contre-interrogatoire de M. Connor et d'autres agents fédéraux, menés par les avocats des organismes de défense des droits de la personne le 3 janvier.
L'Afghanistan compte une panoplie de prisons dirigées par différents ministères, dont les services secrets, qui sont une entité juridique à part entière ne répondant qu'au président Hamid Karzaï. Selon le crime qui leur est reproché, les prisonniers peuvent se retrouver dans les prisons secrètes de la direction nationale afghane de sécurité ou dans les prisons régulières du ministère de la Justice.
Le ministre canadien de la Sécurité publique, Stockwell Day, questionné à ce sujet à la Chambre des Communes le printemps dernier, avait déclaré que l'enchaînement des prisonniers avait dérangé les agents canadiens qui avaient inspecté la prison de Sarpoza, à Kandahar, en avril dernier.
M. Connor a ajouté que depuis que les Canadiens ont commencé à travailler avec les agents de sécurité afghans à la prison de Sarpoza, l'utilisation de ces chaînes avait diminué. Mais les chaînes continuent d'être utilisées dans les principales prisons d'Afghanistan.
Les Nations unies interdisent l'utilisation de mesures de restriction à long terme. Cette interdiction a été adoptée en partie en raison des méthodes utilisées par les Allemands au cours de la Deuxième Guerre mondiale, qui gardaient leurs prisonniers de guerre - dont des Canadiens - capturés à Dieppe menottés pour des périodes pouvant aller jusqu'à deux ans.