Nationales
15 janvier 2008
|
Les députés membres du comité ont décidé, mardi, d'inviter M. Lunn à expliquer pourquoi il a menacé de congédier la présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, Linda Keen. Cette dernière aura aussi l'occasion d'exposer sa version des faits devant les parlementaires.
Le mois dernier, des questions de sécurité ont incité la Commission à fermer le réacteur nucléaire de Chalk River, en Ontario. Le réacteur, propriété d'Energie atomique du Canada limitée, produit plus de la moitié des radio-isotopes utilisés en médecine à des fins de diagnostic.
Sa fermeture prolongée a conduit à une pénurie mondiale. Peu avant Noël, le Parlement a voté à l'unanimité la réouverture du réacteur, en dépit de l'avis de la Commission de sûreté nucléaire.
Le gouvernement conservateur a attribué la crise à l'intransigeance de l'organisme de réglementation. Et le premier ministre Stephen Harper a directement pointé du doigt Mme Keen, une fonctionnaire de carrière qu'il a décrite comme ayant été nommée par les libéraux.
Juste après Noël, M. Lunn a relancé la controverse avec une lettre, qui a par la suite fait l'objet d'une fuite aux médias. Il y met en doute son jugement et menace Mme Keen de renvoi.
Dans une réponse cinglante, début janvier, Mme Keen accuse le ministre d'ingérence dans les affaires d'un organisme quasi-judiciaire indépendant.
Des députés de l'opposition ont réclamé que M. Harper congédie M. Lunn, qui ne s'est pas exprimé publiquement sur la question depuis des semaines.
Le député conservateur David Anderson a laissé entendre que les libéraux cherchaient la bagarre avec M. Lunn, et qu'ils devraient se rappeler qu'ils ont appuyé la résolution du Parlement visant à redémarrer le réacteur de Chalk River.
Omar Alghabra, le porte-parole libéral pour les ressources naturelles, a affirmé que son parti souhaite aussi interroger le ministre sur le moment où celui-ci a pris connaissance de la fermeture du réacteur nucléaire. Selon des informations qui ont circulé, M. Lunn était au courant du problème plusieurs semaines avant qu'il n'alerte le ministre de la Santé, Tony Clement, au début décembre, quant à l'impact de la fermeture sur la production d'isotopes médicaux.
Le comité parlementaire entend donc le ministre, puis Mme Keen, mercredi.