Nationales
15 janvier 2008
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Le document obtenu par La Presse Canadienne affirme de plus que les habiletés des pilotes canadiens qui participent aux opérations de recherche et de sauvetage se sont "détériorées" en raison d'une formation inadéquate.
Sept membres d'équipage s'apprêtaient à pratiquer une opération de sauvetage en pleine nuit, le 13 juillet 2006, au large des côtes de la Nouvelle-Ecosse.
L'hélicoptère de type Cormorant, qui était piloté par le major Gordon Ireland, s'est écrasé dans l'océan à 120 km/h, déchirant l'appareil en deux et faisant trois victimes.
La version préliminaire du document précise que M. Ireland - qui a refusé de commenter - n'avait pas complété une nouvelle formation, tel que requis, après une absence de 90 jours et qu'il n'était donc "pas qualifié" pour être aux commandes.
Le rapport indique que l'utilisation inappropriée des commandes manuelles par M. Ireland aurait désamorcé le système de pilotage automatique qui aurait pu permettre à l'hélicoptère de reprendre de l'altitude.
Selon le document, le co-pilote, le capitaine Ron Busch, n'aurait pas surveillé les instruments de vol adéquatement, perdant son temps à regarder l'océan et à essayer de trouver des boutons.
En plus, le capitaine Gabriel Ringuette, qui assumait le commandement du vol, était assis derrière les autres pilotes et les commandes étaient hors de sa portée, une disposition des places légales, mais qui implique une trop grande confiance envers l'expérience des deux pilotes, note le rapport.
M. Ringuette, qui avait le contrôle sur le rôle des pilotes, ne savait pas que les qualifications de M. Ireland étaient échues.
Le document - qui fait l'objet de discussions et pourrait encore être modifié - associe aussi l'accident à un système de formation inadéquat.
Le rapport révèle notamment que des instructeurs britanniques qui entraînent des équipages de Cormorant en simulateur au Royaume-Uni ont indiqué aux enquêteur que les pilotes canadiens étaient moins bons que les pilotes d'autres pays.
En outre, un sondage interne des membres d'équipage a indiqué que ceux-ci croyaient ne pas avoir suffisamment de temps de vol en raison des inspections fréquentes et du manque de pièces, ce qui a entraîné une baisse générale des aptitudes de pilotage.
Finalement, le matériel d'entraînement pour les appareils Cormorant, basé en parti sur l'ancienne génération d'hélicoptères Labrador, sous-estime les capacités du pilote automatique des nouveaux appareils. Il ne donne pas non plus assez d'informations sur le rôle du co-pilote.
La version préliminaire du rapport ne donne pas le nom des membres d'équipage, mais des sources ont confirmé l'identité du pilote, du co-pilote et du commandant de vol.
Un porte-parole de la Direction de la sécurité des vols a dit que les enquêteurs ne commenteraient pas avant le dépot du rapport final, prévu dans plusieurs semaines.