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01 février 2008
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Mike Telgenhoff et deux autres mineurs ont normalement l'étroite vallée au sud-est d'Anchorage pour eux seuls après le gel hivernal. Mais avec la fonte du printemps, ils escomptent la venue de nouveaux prospecteurs.
Les adhésions aux clubs d'orpailleurs sont à la hausse aux Etats-Unis, au même titre que les ventes de cuvettes permettant de laver le sable aurifère, de dragues, de détecteurs de métaux et autres équipements miniers. Une manifestation commerciale récemment animée par l'Association d'Amérique des prospecteurs d'or dans le comté d'orange en Californie a illustré cette tendance. L'Association, qui compte 45.000 membres, a reçu des centaines d'appels et de courriels de personnes intéressées. Le nombre des nouvelles adhésions progresse et celui des renouvellements d'adhésions fin 2007 était deux fois plus important que l'année précédente, explique Brandon Johnson, directeur des opérations. Résultat: l'association se prépare à embaucher du personnel.
Il est typique que les investisseurs se tournent vers l'or en période d'instabilité politique et économique. La chute du dollar, la menace de récession, les troubles politiques au Proche-Orient et l'augmentation des coûts pétroliers ont renforcé le pouvoir d'attraction de ce métal au titre d'investissement sûr.
L'intérêt accru reste cependant à mille lieux des célèbres ruées vers l'or du XIXe siècle en Californie, en Alaska et dans le territoire du Yukon au Canada. Ces foules, prises par la fièvre de l'or et la perspective de faire fortune, ont été remplacées depuis longtemps par des prospecteurs du dimanche -des retraités et des travailleurs saisonniers pour la plupart.
A peu près 150 familles en Alaska vivent de l'or qu'elles collectent, selon des représentants de l'Etat. Dans cet Etat aux ressources minières importantes, une loi du XIXe siècle encore en vigueur exige des prospecteurs de marquer d'un poteau les coins de chaque parcelle.
Rick Segebrecht, un plombier du Wisconsin qui a commencé à prospecter il y a cinq ans, détient des concessions dans l'intérieur de l'Etat. Il dit utiliser avec d'autres mineurs le GPS pour relever leur territoire. Des cartes mises en ligne sur des sites Web du gouvernement indiquent les concessions qui sont occupées.
D'après des responsables de l'Etat, les données témoignent d'un récent regain d'activité en matière de prospection d'or. Récemment, le nombre des concessions abandonnées a chuté de façon significative, tandis que le nombre des autorisations accordées à des petits mineurs est passé de 233 à 2002 à 315 en 2007.
Mais le temps du chercheur d'or autarcique en Alaska appartient depuis longtemps au passé. "C'est davantage un style de vie qu'autre chose", observe Rick Frederickson, chef par intérim de la section minière du Département des ressources naturelles. Beaucoup de ces chercheurs d'or sont assez âgés "et je ne vois pas beaucoup de jeunes gens qui veulent le faire" pour gagner leur vie.
Pour Toni Logan Goodrich, copropriétaire d'Oxford Assaying and Refining Corp. à Anchorage, les prix élevés amènent néanmoins une population plus jeune vers la prospection d'or. Un changement par rapport à la situation d'il y a dix ans, quand elle se demandait si ses affaires de purification et d'évaluation de l'or survivraient. "Je pensais: 'j'ai 30 ans, que vais-je faire? Dans dix ans, tous mes mineurs seront morts", raconte-t-elle. Mais "cela devient rentable, et des gens plus jeunes" s'y mettent.
Nombre de prospecteurs comparent leur quête du précieux métal à un week-end de jeu à Las Vegas. D'autres aiment l'illusion d'autarcie dans les étendues sauvages, et le lien avec le passé de l'Amérique. "Nous aimons voir l'or (atteindre) 800 ou 900 dollars l'once, mais nous le faisions quand l'or était à 100 (dollars) l'once", souligne Mike Telgenhoff. "Et nous allons continuer à le faire quand l'or chutera à nouveau ou remontera."