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23 mars 2008

Internationales | Dimanche 23 mar 2008 | 19:26

Proche-Orient: la paix nécessitera des "concessions douloureuses", déclare Cheney

RAMALLAH, Cisjordanie - Un accord de paix israélo-palestinien nécessitera de part et d'autre des "concessions douloureuses", a estimé dimanche à Ramallah (Cisjordanie) le vice-président américain Dick Cheney, qui a rencontré dirigeants israéliens et palestiniens durant le week-end pascal, à l'occasion de sa tournée de dix jours au Proche-Orient.

M. Cheney, qui s'est entretenu dimanche avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a invité les deux camps à travailler ensemble pour lutter efficacement contre ceux qui ont "fait le choix de la violence". Le vice-président américain a assuré que les Etats-Unis restent "fortement engagés" en faveur de la création d'un Etat Palestinien.

Toutefois, a-t-il ajouté, la paix entre Israéliens et Palestiniens va réclamer "un immense effort à la table des négotiations" mais aussi dans le combat contre les extrémistes. M. Cheney faisait là allusion au Hamas, mouvement islamiste radical au pouvoir depuis juin dernier dans la Bande de Gaza.

"Le terrorisme et la violence ne font pas que tuer des civils innocents, ils tuent aussi les espoirs et aspirations légitimes du peuple palestinien", a fait valoir M. Cheney. Mahmoud Abbas a souligné de son côté que "la paix et la sécurité ne peuvent être assurés par l'expansion des colonies (juives) et la construction de murs" de sécurité comme ceux construits par l'Etat hébreu.

Samedi soir, Dick Cheney avait déclaré à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre israélien Ehoud Olmert que Washington ne ferait "jamais" pression sur Israël pour lui faire prendre "des décisions menaçant sa sécurité".

Au Yémen, pendant ce temps, les pourparlers de réconciliation entre factions palestiniennes, entamés en début de semaine, se sont achevés dimanche sans résultats. Les délégations du Fatah et du Hamas sont convenues de nouveaux entretiens à Sanaa sans toutefois se mettre d'accord sur leur cadre.

Les représentants des deux mouvements ont signé dans la capitale yéménite une déclaration stipulant qu'ils acceptaient "l'initiative du Yémen comme cadre d'une reprise du dialogue afin de favoriser un retour à la normale" dans la Bande de Gaza, où le Mouvement de la résistance islamique a pris le pouvoir de force en juin dernier.

Mahmoud Abbas n'a pas tardé à faire connaître son désaccord. Pour le chef du Fatah, l'initiative yéménite doit être "appliquée" immédiatement et non servir comme "base de discussions". M. Abbas souhaite en effet que le Hamas accepte de renoncer à son contrôle sur la Bande de Gaza au profit de l'Autorité palestinienne et qu'un partage du pouvoir au sein d'un gouvernement puisse être rétabli.

"Ce que le Hamas et le Fatah ont signé aujourd'hui (dimanche) est clair", a retorqué un porte-parole du Hamas. "L'initiative yéménite est un cadre pour le dialogue". Elle doit encore faire l'objet de discussions et n'a donc pas vocation à être appliquée immédiatement, a-t-il jugé. A Gaza, un autre porte-parole du mouvement islamiste, Taher Nunu, a appelé Mahmoud Abbas à limoger son Premier ministre Salam Fayyad et ses ministres, afin d'ouvrir la voie à "un dialogue sincère et constructif".

L'initiative du président yéménite Abdallah Salah appelle à la création d'un gouvernement d'union nationale et la remise sur pied de forces de sécurité unifiées, obéissant à un cabinet unique et non des factions. Des pays comme l'Egypte, l'Arabie saoudite, la Syrie et la Jordanie formeraient un conseil chargé de superviser ce plan.