Nationales
16 avril 2008
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Affirmant que la politique de "non-ingérence, non-indifférence" de la France à l'égard du Québec n'avait pas fait partie des questions d'actualité discutées lors de son passage au pays, M. Joyandet a insisté sur les développements liés au projet d'entente franco-québécoise sur la mobilité de la main-d'oeuvre.
Le ministre délégué, en poste depuis mars, a déclaré qu'au cours de sa visite au pays, amorcée à Ottawa lundi, il n'avait pas senti de préoccupation particulière au sujet d'une possible révision de la formule diplomatique par laquelle la France définit ses relations avec le Québec.
"Pour l'instant, je ne sens pas cette question revenir d'une façon majeure dans les discussions que nous avons avec les uns et avec les autres", a-t-il dit lors d'une rencontre de presse dans un salon de l'Assemblée nationale.
M. Joyandet, qui est arrivé mardi à Québec, a néanmoins décliné ce qu'il a présenté comme une formule.
"Je vous donne la formule dont je suis ici porteur: c'est une relation directe et privilégiée avec le Québec, ce qui ne nous empêche pas de développer des partenariats avec le Canada", a déclaré M. Joyandet lors d'une rencontre de presse.
Le contexte est particulièrement favorable, a ajouté le ministre français, et il ne faut pas "s'encombrer trop" de débats qui ne sont pas d'actualité.
Selon M. Joyandet, les discussions qu'il a eues à Ottawa, où il était en début de semaine, ont porté sur des projets communs tels que l'intervention en Afghanistan, à laquelle participent la France et le Canada.
A Québec, outre l'accord sur la mobilité de la main-d'oeuvre, il a été question de francophonie et des fêtes du 400e anniversaire de la fondation de la capitale québécoise.
Le mois dernier, l'ex-premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a affirmé que le président français Nicolas Sarkozy pourrait profiter de son passage au Québec, l'automne prochain au Sommet de la francophonie, pour revoir la formule diplomatique française caractérisant la relation franco-québécoise depuis la fin des années 1970.
Le délégué général du Québec à Paris, Wilfrid-Guy Licari, a par la suite déclaré que le premier ministre Jean Charest était lui aussi favorable à ce qu'une nouvelle formule soit mise de l'avant.
Concernant le projet d'accord sur la main-d'oeuvre, M. Joyandet a dit que la France et le Québec s'étaient entendus pour qu'une entente cadre définisse les professions qui seront reconnues de part et d'autres.
L'objectif est de sceller cette entente lors du Sommet de la francophonie, a-t-il dit.
M. Joyandet, qui a rencontré M. Charest mardi et mercredi, a indiqué que les associations de professions pourront adhérer sur une base volontaire à un éventuel accord.
"Ce cadre leur donnera la possibilité de se mettre d'accord, mais pas d'une manière obligatoire", a-t-il dit.
Cette entente, qui vise à favoriser la mobilité de la main d'oeuvre grâce à une reconnaissance mutuelle de diplômes et de compétences, est le chantier prioritaire des relations France-Québec.
M. Charest, qui en a eu l'idée, l'a évoquée à plusieurs reprises avec le président Sarkozy et le premier ministre François Fillon, qui ont tout de suite adhéré au projet.
M. Joyandet a évoqué la possibilité qu'une éventuelle entente franco-québécoise pourrait mener par la suite à une entente entre la communauté européenne et le Canada, un aspect dont M. Charest a déjà parlé lui aussi.
"Les échanges entre la France et le Québec, plus ils seront nombreux, mieux ce sera je le pense pour les deux pays et plus nous serons un peu précurseur de ce qui pourrait se passer d'une manière encore plus ambitieuse entre la communauté européenne et le Canada", a dit le ministre français.
Par ailleurs, concernant l'avenir de la chaîne francophone TV5 Monde, le secrétaire d'Etat a affirmé que la France souhaitait que le numéro deux soit un francophone qui ne soit pas Français, même si la France finance 80 pour cent des activités de la chaîne.
Les semaines qui viennent devraient permettre de conclure un accord sur cet aspect de la gouvernance de la chaîne.
"Il reste à se mettre d'accord sur la répartition des rôles entre celui qui sera président de TV5 et celui qui en sera le numéro deux", a dit M. Joyandet, qui a discuté du sujet avec M. Charest.
Dans le cadre de la refonte du paysage audiovisuel extérieur entamé par la France, TV5 est totalement préservé dans son identité et dans sa structure, a assuré M. Joyandet.