Nationales
25 avril 2008
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Mme Marois, qui poursuit M. Taillon pour des propos jugés "faux et diffamatoires" l'associant au scandale financier de Norbourg, réclame 700 000 $ pour dommages moraux et 200 000 $ pour dommages exemplaires.
Dans la poursuite, signifiée dans le district judiciaire de Montréal, on fait état de "l'extrême gravité de cette attaque imméritée et malveillante contre la réputation de Mme Marois".
Le député adéquiste de Chauveau avait été mis en demeure de se rétracter vendredi dernier mais, loin d'obtempérer, il avait publié un communiqué de presse pour réitérer ses propos et accuser la chef péquiste de tenter de le museler.
En marge d'un point de presse tenu à Montréal, vendredi matin, Mme Marois a signifié qu'elle ne pouvait laisser passer l'attaque de l'ADQ à son endroit.
"Des échanges musclés, je suis d'accord, c'est nécessaire parfois. Mais pas des échanges mensongers et diffamatoires, et c'est la différence concernant ce qui s'est passé", a-t-elle lancé.
Le 17 avril dernier, l'adjoint au chef Mario Dumont a accusé son adversaire péquiste d'avoir exercé des pressions sur les fonctionnaires du ministère des Finances, dont elle assumait la responsabilité en 2001, pour qu'ils consentent à délivrer un crédit d'impôt de près d'un million $ à Norbourg.
M. Taillon a fait valoir que sans cette aide inespérée, Norbourg aurait sombré avant que Vincent Lacroix n'arrive à détrousser des milliers de petits épargnants.
Le financier déchu a été reconnu coupable d'avoir fraudé 9200 investisseurs pour une somme totale de 130 millions $.
Dans la poursuite intentée par Mme Marois, son avocat affirme que ni elle ni des membres de son cabinet ne sont intervenus pour faire accorder quelque faveur que ce soit à Vincent Lacroix.
Il est par ailleurs précisé que les demandes de crédit d'impôt ne relèvent normalement pas du ministère des Finances, mais plutôt du ministère du Revenu.
La demanderesse stipule que le député Taillon "a non seulement lancé des insinuations sans fondement, mais il a pris un malin plaisir à en susciter la plus grande diffusion possible".
Pauline Marois a fait savoir qu'après avoir payé les frais juridiques encourus pour la défense de ses droits, elle verserait l'éventuel fruit de la poursuite à la Fondation du cancer du sein.
Plus tôt cette semaine, Gilles Taillon a signifié à la chef péquiste, par la voix de son procureur, que ses affirmations du 17 avril référaient, pour l'essentiel, à des informations qui étaient déjà du domaine public.
Dans un document transmis à l'avocat de Mme Marois le 23 avril, on indique que "toute procédure émanant de sa part sera vivement contestée".
Ce vendredi, l'attachée de presse de l'aile parlementaire adéquiste, Elodie Girardin-Lajoie, a précisé que Gilles Taillon n'avait toujours pas l'intention de se rétracter.
Elle a refusé de commenter davantage le dépôt de la poursuite.