Internationales
04 mai 2008
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Mme Rice a fait ces commentaires après une rencontre à Ramallah avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui paraît de plus en plus pessimiste sur la conclusion d'un accord avec les Israéliens. Il accuse l'Etat hébreu de saper les pourparlers en continuant à construire des colonies juives sur des terrains que les Palestiniens revendiquent pour leur futur Etat, et en refusant de démanteler plusieurs centaines de postes de contrôle militaires en Cisjordanie.
Lors d'une conférence de presse avec le dirigeant palestinien, la secrétaire d'Etat américaine a exhorté Israël à ne pas compromettre la conclusion d'un accord final, une référence à la construction de colonies. Et dans une critique assez inhabituelle, elle a suggéré que le gouvernement israélien pouvait faire plus pour améliorer la vie des habitants de Cisjordanie.
A ses yeux, les gestes faits par les Israéliens doivent avoir un "effet réel" sur la vie des gens. "Nous essayons de ne pas regarder seulement la quantité, mais aussi la qualité des améliorations", a-t-elle affirmé.
Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Ehoud Olmert ont relancé les pourparlers de paix lors de la conférence d'Annapolis, en novembre dernier, et ils se sont fixés l'objectif d'un accord de paix pour décembre 2008. Leurs discussions sont basées sur la "feuille de route", un plan de paix international qui envisage la création d'un Etat palestinien indépendant.
Mme Rice a affirmé que la mise en oeuvre de la "feuille de route" était un "travail très minutieux", mais a noté que le président George W. Bush croyait que "le temps est venu pour la mise en place d'un Etat palestinien".
"C'est pourquoi nous travaillons si dur sur la feuille de route, simultanément avec les négociations. Et nous continuons à croire qu'il est possible de parvenir à un accord entre les Palestiniens et les Israéliens d'ici la fin de l'année, et d'ici la fin du mandat du président Bush", a-t-elle déclaré.
Mme Rice a eu une série d'entretiens dimanche avec les dirigeants israéliens et palestiniens. Bien qu'il y ait peu de signes visibles de progrès, elle cherche à donner un nouveau souffle aux pourparlers de paix avant une visite dans la région, courant mai, du président américain, à l'occasion des célébrations du 60e anniversaire d'Israël.
La secrétaire d'Etat américaine a observé qu'au cours des entretiens avec le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak, il y avait eu une "discussion approfondie" sur les postes de contrôle.
Israël maintient plusieurs centaines de barrages routiers et de postes de contrôle en Cisjordanie, les jugeant nécessaires pour protéger les colonies et empêcher d'éventuels agresseurs d'entrer dans l'Etat hébreu.
Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad s'est rendu à Djénine dimanche, rencontrant des policiers palestiniens qui s'y sont positionnés samedi. M. Fayyad a dit qu'il s'était entretenu au cours d'une rencontre avec Mme Rice et M. Barak des futurs déploiements de policiers palestiniens dans d'autres parties de Cisjordanie.
De son côté, Mahmoud Abbas, qui doit rencontrer Ehoud Olmert lundi, a salué les efforts déployés par les Etats-Unis et a exclu la possibilité d'un échec. "Nous avons besoin de parvenir à un accord complet (...) Ne pensons pas à un échec maintenant", a-t-il lancé, bien qu'il se montre de plus en plus pessimiste.
Dimanche soir, Mme Rice devait rencontrer les principaux négociateurs, la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni et l'ancien Premier ministre palestinien Ahmed Qoreï.
Mme Livni a affirmé qu'Israël ne tentait pas d'agrandir les constructions juives en Cisjordanie, avant un retrait militaire. "Je peux vous assurer qu'Israël n'a pas d'intentions non déclarées", a-t-elle dit.
Parallèlement, à Gaza, des activistes ont tiré au moins dix roquettes sur le sud d'Israël, touchant un supermarché, une maison et un cimetière à Sderot. On ne faisait pas état de blessés.