Internationales
21 mai 2008
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La commission électorale géorgienne a fait savoir que, selon ces résultats partiels, le Mouvement national uni de M. Saakachvili, qui contrôle aujourd'hui les deux tiers des sièges au Parlement, recueillait 61% des voix. Plusieurs centaines de partisans de l'opposition se sont réunis mercredi soir dans les rues de Tbilissi, la capitale.
Selon un sondage effectué à la sortie des urnes, la coalition de l'opposition était, elle, créditée de 14% des voix au niveau national, et a rejeté ces chiffres.
"Il y a eu falsification totale", a déclaré un dirigeant du bloc Opposition unie, Guéorgui Gamkrelidze. "Selon nos chiffres, la situation est totalement différente".
Le sondage indiquait également que deux autres partis d'opposition devraient parvenir à passer la barre des 5% des voix nécessaires pour être représentés.
Dans le système électoral géorgien, 150 sièges sont attribués à la proportionnelle au niveau national, et 75 autres dans des scrutins locaux. Selon sondage, le parti au pouvoir recueillait respectivement 63% et 53% dans ces deux parties de l'élection, alors que la coalition de l'opposition obtenait 14% et 16%.
Publiant ses propres résultats lors de la manifestation à Tbilissi, qui a réuni plus de 1.000 personnes, l'opposition a affirmé qu'elle avait remporté plus de 40% des voix dans la capitale, contre 32% au Mouvement national uni de Saakachvili.
Ce dernier était cependant confiant en sa victoire.
"Il s'agit clairement d'informations préliminaires seulement, mais l'écart est si important qu'il est peu probable que la situation change fondamentalement", a estimé David Bakradze, ancien ministre des Affaires étrangères du président.
Quelque 3,5 millions de Géorgiens étaient appelés aux urnes. Le scrutin est surveillé de près par les Etats-Unis et l'Union européenne en raison des relations tendues entre Tbilissi et Moscou, à cause des régions séparatistes d'Abhkazie et Ossétie du Sud, de plus en plus soutenues par la Russie qui y a renforcé sa présence militaire.
Plusieurs personnes ont ainsi été blessées mercredi lors de violents échanges de tirs le long de la frontière administrative entre la Géorgie et l'Abkhazie, selon le ministère géorgien de l'Intérieur.
La Géorgie est également particulièrement stratégique aux yeux de l'Occident car elle est située sur la route alternative du pétrole et du gaz de la Caspienne contournant le géant russe.
Mikhaïl Saakachvili, qui aspire à entrer dans l'OTAN et dont la popularité d'ancien chef de file charismatique de la Révolution de la Rose en 2003 a été sérieusement érodée, souhaite lors de ce scrutin rétablir un peu son image démocratique largement érodée par la répression il y a quatre mois des forces de l'opposition qui contestaient sa réélection étroite en janvier.