Internationales
07 février 2007
|
L'oligarque de 43 ans purge actuellement la quatrième année d'une peine de prison de huit ans dans un camp de Sibérie pour évasion fiscale et fraude. Il pourrait bénéficier d'une libération anticipée d'ici la fin de l'année, soit avant la présidentielle de 2008. Mais s'il est condamné pour les nouveaux chefs d'inculpation de blanchiment d'argent, sa peine pourrait se voir alourdie de 15 ans supplémentaires.
Son associé Platon Lebedev, également emprisonné pour huit ans, a lui aussi été inculpé de ces mêmes chefs lundi.
Le timing de ces nouvelles inculpations -avant les élections parlementaires de fin 2007 et la présidentielle de 2008-ont réveillé les soupçons d'un acharnement du Kremlin contre l'homme qui a mécontenté Vladimir Poutine en finançant des partis d'opposition. Les détracteurs du régime, Khodorkovski en tête, estiment qu'il s'agirait d'une manoeuvre pour l'écarter de la politique russe.
L'ancien oligarque, autrefois l'homme le plus riche de Russie à la tête de l'empire pétrolier Ioukos, qu'il avait fondé et aujourd'hui démantelé, a parlé d'une "farce honteuse qui n'a rien à voir avec la justice". "La Cour instrument servile de la verticalité du pouvoir, va bien sûr me déclarer coupable", écrit le prisonnier sur un site Web tenu par ses partisans.
"Ceux qui ont monté 'l'affaire Khodorkovski' pour voler la société pétrolière la plus puissante de Russie, Ioukos, ont peur de me voir libre et veulent s'assurer que je ne sois pas libéré".
Selon les observateurs, Khodorkovski, arrêté en octobre 2003, a subi l'ire de Poutine pour avoir violé l'accord tacite avec le Kremlin selon lequel les oligarques devaient s'abstenir de faire de la politique.