Six accusations de nuisance publique pesaient toujours contre M. Perrault malgré son acquittement en octobre 2007, pour des accusations de négligence criminelle ayant causé des lésions corporelles.
Roger Perrault a été au centre du scandale du sang contaminé pendant les années 1980, au cours duquel plus de 20 000 personnes ont contracté l'hépatite C après avoir reçu du sang ou des produits sanguins contaminés. Environ 1000 autres personnes sont devenues séropositives dans les mêmes circonstances.
A la suite d'un examen des dernières accusations contre M. Perrault, le procureur de la Couronne John Pearson et ses collègues ont conclu qu'"il n'existe plus de perspective raisonnable de condamnation dans cette affaire".
A la suite de la décision de vendredi, l'avocat de M. Perrault, Eddie Greenspan, a estimé que son client n'aurait en fait jamais dû être accusé. "Toutes les tragédies n'ont pas besoin d'un bouc émissaire", a affirmé Me Greenspan, qui songe à intenter une poursuite civile au nom de son client contre le gouvernement du Canada.
John Plater, de la Société canadienne de l'hémophilie, s'est dit extrêmement déçu de la décision de la Couronne, qui risque de frustrer les victimes et de les encourager à rechercher de plus belle un responsable pour le scandale.
"Plusieurs personnes souffrent à cause de ce qui s'est passé, a rappelé M. Plater. Ils vont sortir de cette expérience très confus, très mécontents et avec plusieurs questions, et cela va générer beaucoup de colère. Les gens peuvent dire que le système les a déçus une fois de plus."
M. Perrault est resté stoïque autant devant la cour qu'à l'extérieur, et n'a pas commenté la décision.
Les accusations de nuisance publique alléguaient que M. Perrault avait mis le public en danger en n'évaluant pas correctement les donneurs de sang, en ne mettant pas en place des tests adéquats pour détecter les virus sanguins, et en n'avertissant pas le public des dangers de l'hépatite C et du VIH.