Les troupes canadiennes effectuaient une patrouille de routine le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan, lundi après-midi, quand un véhicule bourré d'explosifs a sauté près de leur convoi.
L'attaque suicide, survenu près de Spin Boldak, à environ 75 kilomètres au sud de Kandahar, a tué 38 Afghans et blessé légèrement quatre soldats canadiens.
"Nous avons averti l'OTAN à six reprises de ne pas venir dans ces zones parce que depuis les deux derniers jours, un kamikaze circule, a affirmé Asadullah Khalid, le gouverneur de la province de Kandahar. Mais ils ont continué à patrouiller le secteur. Nous leur avons répété de ne pas venir tant que nous n'aurions pas arrêté le kamikaze."
Mais un porte-parole militaire a déclaré que ce sont les Forces armées qui prennent les décisions sur les endroits où leurs soldats iront patrouiller.
"Nous recevons régulièrement des avertissements de menaces (...) nous allons où nous voulons, quand nous le voulons, dans notre zone d'opération, a affirmé le lieutenant Pierre Babinsky. Bien sûr, nous tenons compte de ces avertissements, mais notre but est de fonctionner librement à l'intérieur de notre zone d'opération malgré cela."
Les troupes canadiennes sont déployées dans la province de Kandahar dans le cadre de la Force internationale d'assistance à la sécurité.
Trois des quatre soldats canadiens blessés dans la déflagration ont reçu leur congé de l'hôpital; le quatrième y restait sous observation pour la nuit, a indiqué le lieutenant Babinsky.
L'attentat de lundi s'est produit au lendemain de l'attaque la plus meurtrière jamais perpétrée en Afghanistan. Elle a tué au moins 100 personnes qui assistaient à un combat de chiens, près de Kandahar.
Les talibans, qui avaient démenti être à l'origine de l'attentat de dimanche, ont immédiatement revendiqué la responsabilité de celui de lundi, commis dans un marché public de Spin Boldak, tout près de la frontière pakistanaise.
A New Delhi, le ministre canadien de la Défense, Peter MacKay, a refusé de voir dans les deux récents attentats une escalade de l'activité talibane en Afghanistan. C'est, selon lui, un autre exemple désolant de la détermination des talibans à perturber les efforts de reconstruction et de pacification du pays.
M. MacKay, qui dirige présentement une mission économique en Inde, a reconnu que ces attaques ont un impact sur la perception des citoyens au Canada, mais il a répété qu'il fallait continuer à combattre des tactiques qu'il a qualifiées d'"insidieuses".