A l'occasion de sa première visite en Egypte en tant que chef du gouvernement irakien, le chiite Al-Maliki s'est entretenu avec son homologue Ahmed Mazif et pendant trois quarts d'heure avec le président Hosni Moubarak. Egalement à son programme, une rencontre avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa.
Dix jours avant le sommet sur l'Irak qui doit se tenir dans la station balnéaire égyptienne de Charm-el-Cheikh, sur la Mer rouge, les 3 et 4 mai, il a exhorté Le Caire à participer à la reconstruction de l'Irak.
Et a semble-t-il été entendu. Au cours d'une conférence de presse conjointe avec son homologue, il a en effet qualifié de "positive" sa rencontre avec Moubarak. "J'ai éclairci pour le président la réalité de ce qui se passe en Irak, qui n'est pas une guerre civile ou sectaire", a déclaré Al-Maliki. Et d'attribuer à Al-Qaïda en Irak la violence qui continue d'écraser le pays, en dépit de la vaste opération sécuritaire lancée à Bagdad par les forces américano-irakiennes. Pourtant, le même jour, 23 membres de la minorité religieuse kurde yazidie ont été massacrés dans le nord irakien, dans la région de Mossoul, tués spécifiquement pour leur appartenance religieuse après avoir été séparés des autres passagers d'un bus.
Al-Maliki a également évoqué les "efforts" en cours pour la libération de cinq Iraniens capturés par les Américains le 11 janvier à Erbil (Kurdistan irakien, 355km au nord de Bagdad). L'Iran affirme qu'il s'agit de personnels consulaires, les Américains les accusant d'être membres de la Force Al Qods, unité d'élite iranienne accusée d'assurer la formation et l'armement de la rébellion chiite iranienne.
"Nous avons vu que l'Egypte est prête à être un partenaire dans la reconstruction de l'Irak et les sociétés égyptiennes ont un rôle que nous sommes prêts à soutenir", a ajouté Al-Maliki.
"L'Egypte est aux côtés de l'Irak, nous affirmons notre soutien aux efforts du gouvernement irakien en vue de la réconciliation entre tous les secteurs de la société irakienne, et nous condamnons le terrorisme qui frappe sans discrimination", a déclaré pour sa part Ahmed Nazif.
Al-Maliki, qui ne participera pas à la conférence de Charm el-Cheikh, bat le rappel des pays de la région, dont les gouvernements sont pour la plupart à majorité sunnite. Il a commencé cette tournée par l'Egypte, pays le plus peuplé de la région, et l'un des principaux alliés de Washington.
Al-Maliki, accompagné d'une délégation de plusieurs responsables irakiens, dont le ministre de l'Intérieur Jawad al-Bolani, doit se rendre ensuite mardi au Koweït avant de gagner peut-être les Emirats arabes unis (EAU) et le sultanat d'Oman. Il y a quelques jours, il était au Japon et en Corée du Sud, deux pays membres de la coalition conduite par les Etats-Unis en Irak.
Confronté à la violence, particulièrement entre extrémistes chiites et sunnites, M. Al-Maliki a déclaré mardi que son gouvernement engagé dans un plan de réconciliation nationale discutait avec certains groupes de l'insurrection, y compris des membres du régime renversé de Saddam Hussein.
Il a estimé que "les chances de réconciliation (seraient) bonnes" à la conférence de Charm el-Cheikh. Y seront représentés les voisins de l'Irak comme le Bahreïn et l'Egypte, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies -Etats-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni, ainsi que d'autres pays membres du G8 des pays les plus industrialisés.