Plus de 225 000 Canadiens ont quitté différentes régions du pays pour s'installer en Alberta entre 2001 et 2006, indiquent les plus récents chiffres du recensement.
Même si cela représente une légère baisse par rapport au précédent recensement, l'Alberta demeure - et de loin - la province qui enregistre le plus fort gain net de population attribuable à la migration de Canadiens d'autres provinces.
Conformément à la tendance qui se maintient depuis maintenant une décennie, la plupart des nouveaux arrivants en Alberta proviennent de la Colombie-Britannique, de l'Ontario et de la Saskatchewan, mais on trouve aussi parmi eux des Québécois, des Manitobains, des Terre-Neuviens et des Néo-Ecossais.
L'une des villes qui connaît la plus forte expansion liée à l'afflux de migrants est Fort McMurray, un des centres névralgiques de l'industrie des sables bitumineux. La population de la ville a doublé en dix ans.
L'afflux est tel qu'on manque de logements, et que les loyers atteignent des prix faramineux. En plus de ses 67 000 habitants, on estime que 10 000 autres vivent dans les dortoirs des camps de travail près des gisements de sables bitumineux éparpillés à travers la région, comme ceux de la raffinerie de Syncrude, à une demi-heure au nord de Fort McMurray.
Devenir propriétaire à Fort McMurray s'avère difficilement accessible dans une ville où de simples maisons mobiles se vendent 400 000 $. Les maisons unifamiliales vont chercher 600 000 $ et plus, ce qui fait de Fort McMurray l'un des cinq marchés immobiliers les plus chers au Canada.
Selon des estimations officieuses, jusqu'à 10 000 Terre-Neuviens font la navette - sur 6000 kilomètres - pour venir chercher ici des salaires atteignant les 110 000 $ et plus par an. Ils traversent le pays en avion, travaillent quelques semaines, prennent l'avion en sens inverse pour passer du temps chez eux, puis répètent le processus.
Certaines personnes doivent accepter des emplois peu rémunérés, et sont obligés de vivre dans des refuges pour sans-abri, souligne une représentante de la chambre immobilière locale, selon laquelle les prix des habitations vont encore grimper l'an prochain.
Alain Moore, des relations publiques de Syncrude, affirme que la société a embauché 750 travailleurs l'an dernier et compte en embaucher autant l'an prochain. Le tiers d'entre eux proviendront de l'extérieur de Fort McMurray, peut-être des provinces atlantiques, une communauté fortement représentée dans la ville.
Près d'un travailleur sur dix est autochtone. Les nouveaux venus proviennent aussi de l'extérieur du Canada - des Philippines, de la Grande-Bretagne, du Venezuela et de Fidji, notamment.