Joachim Alcine, le boxeur de l'écurie GYM qui fera les frais du combat principal face au champion du monde des super mi-moyens de la WBA, Travis Simms, s'est chargé d'assurer le spectacle.
Habituellement une personne très réservée, au tempérament doux, Ti-Joa s'était pourtant promis d'être sage. La semaine dernière, lors d'une conférence téléphonique, Simms et lui avaient échangé plusieurs jabs dans une joute oratoire plutôt musclée, et il se disait qu'il avait déjà assez donné.
Sauf que lorsque Simms, qui défendra son titre de champion chez lui au Connecticut pour la première fois de sa carrière, a fait son entrée jeudi, il l'a fait précéder d'un imposant et tumultueux cortège de supporters. Ces derniers ont ensuite houspillé le boxeur lavallois lorsqu'il s'est présenté au micro, lui criant "mais quelle langue parles-tu?" en l'entendant parler anglais avec son fort accent haïtien. C'a été plus fort que lui.
"Mon temps de briller est venu et il (Simms) va le savoir samedi soir", a d'abord lancé Alcine, avec le ton grandiloquent d'un évangéliste américain, suscitant ainsi la réaction hostile des partisans de Simms.
"Attendez! Je vois la lumière! La lumière qui brille là-bas, a ajouté Ti-Joa en pointant à travers la vitrine de l'aréna, vers le soleil qui tentait de poindre à travers les nuages. Cette lumière, elle brille pour moi. Elle m'appartient.
"J'aime quand les gens parlent. Mais il n'y aura plus de paroles samedi. Ce sera le temps de se battre.
"Travis Simms, tu vas tomber parce que le champion, il est ici", a-t-il conclu en se tapant la poitrine.
A son tour au micro, Sandra Stokes-Simms, gérante et épouse du champion, a "conseillé" à Alcine de se lancer dans la comédie après le combat.
"Parce que tu es vraiment drôle, a-t-elle déclaré. Mais ne te trompes pas, nous sommes prêts. En fait, si le ring est déjà monté, on peut y aller tout de suite si tu veux."
"Cette lumière que tu as vue, c'est un train qui se dirige vers toi", a quant à lui lancé Byron Ogelsby, l'un des entraîneurs de Simms.
"Le chiffre sept est mon chiffre chanceux, et le combat a lieu le 7 du septième mois, l'année 2007, a de son côté souligné Simms. Ca veut donc dire qu'il va tomber au septième round."
Après le point de presse, Alcine a expliqué qu'il devait montrer de quel bois il se chauffe.
"Je me suis laissé un peu aller parce que j'avais de la misère à me faire entendre. Alors je me suis dit, OK, j'y vais - juste pour les frustrer encore plus, a-t-il expliqué. C'est sûr que ce n'est pas mon image, mais si je peux l'intimider avec ça, tant mieux."
Yvon Michel ne craint pas que les déclarations d'Alcine se retournent contre lui.
"L'important, c'est que Joachim soit à l'aise avec ça, a indiqué le fondateur du groupe GYM. Il n'a pas fait ça de façon émotive. Il était tout calme avant d'aller au micro, et tout calme quand il est retourné s'asseoir. Alors pour moi il n'y a pas de problème.
"Quand Simms est arrivé avec son groupe, peut-être qu'ils ont fait ça dans une tentative d'intimidation, et Joachim voulait juste démontrer qu'il était là, qu'il n'était peut-être pas chez lui, mais qu'il n'était pas intimidé du tout."
"J'ai simplement cherché à parler assez fort pour qu'on m'entende, a ajouté Alcine. Pour montrer que je ne suis pas un enfant de choeur, que je suis un vrai boxeur, qui a aussi faim que lui. C'est aussi pour qu'il se pose des questions, qu'il se demande à qui il a affaire. Mais il va le savoir samedi."