Si les Forces armées révolutionnaires de Colombie "ont la volonté de passer un accord humanitaires (d'échange otages-guérilleros emprisonnés, NDLR), la première chose qu'il faut faire c'est protéger la santé des otages et ne pas poser de conditions", a déclaré le président.
Dans le même temps, Interpol a émis vendredi, à la demande du Paraguay, une "note rouge", portant mandat d'arrêt international contre Rodrigo Granda, le "ministre des Affaires étrangères" de la guérilla, a annoncé un responsable de l'organisation de police internationale basée à Lyon (France): Granda est recherché dans le cadre de l'enlèvement et l'assassinat de Cecilia Cubas, fille de l'ancien président paraguayen Raul Cubas, enlevée en septembre 2004 et retrouvée morte en février 2005. Quatorze personnes sont déjà sous les verrous dans le cadre de cette affaire.
Le magistrat paraguayen Pedro Martinez a confirmé à l'Associated Press avoir récemment effectué une demande en ce sens auprès des bureaux français d'Interpol. "J'ai envoyé un message directement à Interpol jeudi pour demander la détention de Granda, où qu'il soit dans le monde, en vue de son extradition", a-t-il expliqué.
Mais le mandat d'arrêt visant Rodrigo Granda pourrait gêner les efforts français pour récupérer Ingrid Betancourt: étant recherché, il ne serait plus en mesure de voyager librement et donc de s'investir dans un éventuel échange de prisonniers.
Jeudi, le site Web de l'Agence bolivarienne de presse (APB), qui diffuse régulièrement des communiqués des FARC, avait diffusé une déclaration de Granda qui excluait toute libération unilatérale d'otages. "Ceux qui sont prisonniers dans nos campements ne seront libérés que dans le cadre d'un échange de prisonniers", déclare Rodrigo Granda. "Il n'est pas admissible qu'on nous demande encore des gestes de paix, quand après tant de preuves concrètes de notre volonté politique de trouver des issues au conflit, on nous répond par l'infamie", ajoutait-il.
Granda, arrêté en 2004 à Caracas et exfiltré du Venezuela, avait été libéré l'été dernier par le gouvernement colombien, à la demande du président français Nicolas Sarkozy, pour qu'il tente de faire avancer le dossier de l'accord humanitaire avec les FARC.
Au cours d'un discours dans une université de Bogota, le président Uribe a ajouté que son gouvernement devait déterminer "si Monsieur Rodrigo Granda est un faiseur de paix ou s'il a recommencé à commettre des délits".
Quant au président vénézuélien Hugo Chavez, il a annoncé vendredi qu'il avait décidé de "changer de tactique": il évitera désormais de "parler publiquement" de l'affaire des otages, se contentant "d'agir pour tenter" de faire avancer les choses, a-t-il déclaré sans plus de précisions.
La médiation de Chavez avait permis la libération unilatérale de cinq otages des FARC, dont Clara Rojas, la directrice de campagne d'Ingrid Betancourt.