Des membres du cabinet et des généraux de l'armée se sont entretenus d'une possible incursion militaire en Irak au cours d'une réunion de six heures présidée par le chef d'Etat turc. A l'issue de ces discussions, ils ont cependant décidé de recommander au gouvernement de "prendre en premier lieu les mesures économiques nécessaires contre ces groupes soutenant directement ou indirectement l'organisation terroriste séparatiste (PKK) dans la région".
Le communiqué n'a pas précisé qui serait visé par ces mesures économiques, mais on sait qu'Ankara a réfléchi à une série de mesures économiques destinées à contraindre les Kurdes irakiens à coopérer dans sa lutte contre les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan.
L'administration kurde du nord de l'Irak dépend en grande partie des investissements turcs, principalement pour les travaux de construction (routes, hôpitaux, infrastructures...).
Ankara approvisionne également le nord de l'Irak en électricité et la plupart des denrées alimentaires vendues sur les marchés de la région proviennent de Turquie.
Avant la réunion, le ministre turc du Commerce avait déclaré mercredi que des sanctions économiques pourraient être prises.
Si l'heure n'est pas encore à une incursion militaire, des avions et des hélicoptères de combat de l'armée turque ont bombardé mercredi des positions des séparatistes du PKK le long de la frontière, selon l'agence Anatolie. Les rebelles empruntent des sentiers montagneux pour pénétrer en Turquie et lancer des attaques contre les soldats turcs.
Face à la menace d'Ankara, certains habitants kurdes du nord de l'Irak jurent de prendre les armes si la Turquie lance une offensive contre les séparatistes du PKK.