Le showman québécois vient de s'installer pour un mois au Bataclan, une sorte de Spectrum parisien d'un millier de places situé entre les places de la République et de la Bastille.
Il y présente anthonykavanagh.com, un spectacle parfaitement rodé qui a déjà tourné dans une soixantaine de villes, en province, en Belgique, en Suisse et en Tunisie. Mais Paris constituait le vrai test, un pari risqué, que Kavanagh a réussi haut la main jeudi soir devant une salle comble.
Dans ce spectacle mené à un train d'enfer, Kavanagh s'amuse de tous les changements survenus depuis cinq ans, depuis Internet ("Un petit pas pour l'Homme, un grand pas pour la pornographie"), en passant par le téléphone cellulaire et le GPS, le "guide du paumé solitaire".
C'est drôle et rythmé, réglé comme du papier à musique, tout en demeurant très fluide. L'échec des "Démons de l'Arkange" est bel et bien oublié. Kavanagh, en jeans et en T-shirt blanc, est sûr de lui, au point de flirter sans cesse, pendant une heure et demi, avec le "politiquement incorrect".
Tout y passe: les grosses, les homosexuels, les Antillais, les femmes qui s'attardent aux toilettes, les hommes, "qui ne sont pas menteurs, mais lâches"... et qui ne se lavent jamais les mains en sortant des toilettes si personne ne les voit. Kavanagh trouve même moyen de raconter, à la faveur d'un sketch sur l'émission "24 heures chrono", qu'il a vu les parties intimes du président Sarkozy. Qui sont "lisses et brillantes".
Et s'il se moque du pape, c'est pour mieux prévenir qu'il ne rira "pas des autres religions": "Je ne veux pas mourir".
Anthony Kavanagh joue avec un nouvel aplomb. Il apparaît plus à l'aise, plus solide qu'avant. Il a retrouvé ses réflexes, tout en se débarrassant des tics qu'il avait accumulés au fil des 500 représentations de son précédent spectacle.
"Je me sens bien, a-t-il dit après la représentation. Je suis habité par la même folie qu'avant, avec la maturité et l'expérience en plus."
Pour ce spectacle, Anthony Kavanagh s'est fait aider par quatre auteurs, dont les Québécois Etienne Langevin et François Valade. Un autre compatriote, Sylvain Larocque, l'aidera à adapter le one-man-show pour le Québec.
Mettant un terme à une absence de sept ans, Kavanagh viendra présenter le spectacle à Montréal et Québec au printemps, puis en tournée à l'automne.
Dès le mois prochain, après le Bataclan, il reprendra route pour une centaine de représentations. Cette tournée le ramènera à Paris pour au moins trois supplémentaires: un soir, le 31 mai, au Palais des sports (jusqu'à 4500 places) et deux autres en décembre au Casino ou au Théâtre Mogador. Quelques jours plus tôt, "Agathe Cléry", le nouveau film d'Etienne Chatiliez dans lequel Anthony Kavanagh donne la réplique à Valérie Lemercier, aura pris l'affiche à travers la France.