M. Coderre, qui est parti mercredi du Canada, a finalement réussi à se rendre à Kaboul, la capitale afghane, dimanche, en montant à bord d'un vol des Nations unies en partance du Pakistan, où il se trouvait depuis vendredi.
En entrevue téléphonique depuis Kaboul, il a indiqué qu'il se rendait à Kandahar pour y visiter les infrastructures et transmettre un message de solidarité aux troupes sur place.
L'arrivée de M. Coderre survient alors que le ministre des Affaires étrangères Maxime Bernier et la ministre de la Coopération internationale Bev Oda achevaient une tournée de 36 heures des opérations militaires canadiennes et afghanes.
M. Coderre, qui avait décidé de faire le voyage seul parce que le gouvernement du premier ministre Stephen Harper n'avait pas répondu à ses demandes de participer au voyage ministériel, a accusé le gouvernement de faire de la petite politique en ne lui permettant pas d'accompagner les deux ministres.
Mais le gouvernement soutient que c'est l'ancienne administration libérale, qui relevait alors du ministre de la Défense Bill Graham, qui avait décidé, à compter de 2004, de ne pas laisser un député voyager seul en Afghanistan.
M. Coderre, qui a passé du temps à Islamabad, où il a rencontré diverses personnes, a estimé que le Pakistan est un élément clé du succès de la mission canadienne en Afghanistan. "Je me demande pourquoi M. Bernier, dans sa visite éclair avec Mme Oda, n'a pas fait un détour au Pakistan parce que c'est vraiment majeur, le règlement de l'Afghanistan doit passer nécessairement par le Pakistan. Le Pakistan est un pays dont la force géopolitique est certaine (...)", a dit M. Coderre.
A son arrivée à Kaboul, M. Coderre affirme avoir rencontré des représentants de la Banque mondiale et d'un organisme indépendant afghan qui s'occupe de développement et d'éducation dans la capitale afghane. Il a aussi eu un entretien avec le dirigeant en second de la mission canadienne.
Le député de Bourassa souligne que son périple permettra d'ouvrir la voie à son chef Stéphane Dion, qui compte se rendre en Afghanistan plus tard cet automne.
Denis Coderre a réfuté les arguments d'adversaires politiques selon lesquels son voyage était avant tout un coup de publicité politique.
Conservateurs et néo-démocrates ont remis en question la pertinence du voyage en solo de M. Coderre.