Il s'agit d'une étape importante pour l'armée nationale afghane et pour les Canadiens, dont le départ d'Afghanistan dépend, en théorie, de la capacité des forces afghanes à assurer la sécurité.
Le major Sylvain Gagnon, responsable de la planification pour l'équipe canadienne de liaison, a noté que chaque opération réussie par l'armée afghane constitue un important succès pour les Canadiens parce que c'est un pas de plus vers l'autonomie des forces afghanes.
A partir de renseignements recueillis par les Canadiens, une compagnie d'infanterie afghane a débusqué mercredi deux caches d'armes près du marché de Howz-e-Madad, un village situé près d'un bastion canadien dans le district de Zhari, à l'ouest de Kandahar. De 8h à 12h, les soldats afghans ont fouillé 22 édifices.
"Nous avons saisi deux caches d'armes, de munitions et d'appareils électroniques servant à construire des bombes artisanales, a indiqué le major Gagnon. Nous avons aussi réétabli la liberté de mouvement sur l'autoroute 1 dans cette région."
Aucune arrestation n'a été effectuée.
Il s'agissait de la première opération d'envergure planifiée et menée par des soldats afghans depuis le déploiement du Royal 22e régiment en Afghanistan.
Il n'y a pas si longtemps, l'armée nationale afghane était surtout crainte par la population locale. Il y avait une pénurie de personnel, les soldats étaient peu ou pas entraînés, corrompus et moins bien équipés que les talibans. Leur contribution aux efforts de l'OTAN était au mieux minime. Au pire, ils nuisaient à la mission.
L'opération de mecredi, au contraire, a été un franc succès, selon le major Gagnon.
Il a reconnu que les mentors canadiens des soldats afghans avaient assuré un soutien et étaient près à être déployés en renfort, mais a assuré que c'était l'armée afghane qui avait mené l'opération.
Ce groupe de soldats afghans participait au programme de mentorat depuis ces débuts, d'abord avec un autre pays, puis avec les Canadiens depuis mai.
Le major Gagnon a dit s'attendre à ce que les progrès se poursuivent dans les prochains mois. Les forces canadiennes espèrent ainsi pouvoir confier la sécurité dans les districts dangereux de Zhari et de Panjwaii aux forces de sécurité afghanes d'ici la fin de l'année.
"Si nous accomplissons cela et que notre plan est un succès, alors nous pourrons utiliser la plupart de nos forces de sécurité, nos troupes de combat, dans d'autres régions du pays", a expliqué le major Eric Landry, responsable de la planification pour la force opérationnelle interarmées du Canada en Afghanistan.