"Cette opération policière dévoile la décision du gouvernement espagnol, qui est de lancer une déclaration de guerre contre l'indépendance basque", a déclaré Pernando Barrena, le seul membre de la direction de Batasuna à avoir échappé au coup de filet de jeudi.
Le raid a eu lieu à Segura, au Pays basque, à 50 km au sud de San Sebastian, sur réquisition du juge anti-terroriste de l'Audience nationale Baltasar Garzon.
Le comité directeur de Batasuna y tenait une réunion secrète, dit-on de sources policières et judiciaires. Elle aurait été destinée à passer le relais entre la vieille garde du mouvement et les plus jeunes.
Pernando Barrena, désormais seul dirigeant encore en liberté, a qualifié d'enlèvements" les arrestations de ses camarades, au cours d'une conférence de presse à San Sebastian.
Le juge Garzon, également à l'origine de la mise hors-la-loi de Batasuna il y a quatre ans, devrait interroger dimanche les 23 séparatistes interpellés, qui ont été transférés samedi dans une prison madrilène.
Dans les rues de plusieurs villes du Pays basque, des milliers de personnes ont défilé pour dénoncer les arrestations des chefs de Batasuna et appeler à l'indépendance. Si la police s'est refusée à fournir des chiffres de manifestants, les journalistes estimaient les cortèges à 3.000 personnes à Bilbao et autant à San Sebastian. A Pampelune, où 300 personnes étaient rassemblées, la manifestation a dégénéré en affrontements entre forces de l'ordre et jeunes cagoulés. Plusieurs personnes ont été blessées, selon la police.
ETA avait déclaré un cessez-le-feu unilatéral en mars 2006, mais les négociations qui ont suivi avec le gouvernement n'ont débouché sur rien. ETA a mis fin à la trêve avec un attentat qui a fait deux morts en décembre.
Malgré l'interdiction de Batasuna en 2003, ses dirigeants n'ont pas totalement gagné la clandestinité: ils ont souvent pu tenir des conférences de presse et organiser des manifestations.