La bataille s'annonce rude face au candidat travailliste Kevin Rudd, un ancien diplomate parlant le chinois et qui domine les sondages depuis plusieurs mois d'une intense campagne électorale non officielle de la part des deux camps. La vraie campagne durera six semaines. Elle est cruciale pour John Howard, qui risque aussi de perdre son siège au Parlement dans sa propre circonscription.
Rappelant que l'Australie connaît une forte croissance économique depuis plus de 15 ans, John Howard a présenté son rival comme un homme manquant d'expérience et soumis aux syndicats.
Kevin Rudd a rétorqué qu'il fallait du sang neuf et a accusé le Premier ministre sortant d'avoir perdu le contact avec la réalité, notamment sur les questions du réchauffement climatique ou d'Internet.
La croissance économique étant tirée par la demande de la Chine et de l'Inde en charbon et autres minerais australiens, l'emploi, l'éducation et le changement politique devraient être les grands thèmes de la campagne, mais l'Irak occupera une place très importante aussi.
Fidèle allié du président américain George Bush, John Howard a déployé 2.000 soldats pour soutenir les forces américaines et britanniques lors de l'invasion de l'Irak en 2003, et il entend maintenir les 1.600 militaires restants aujourd'hui aussi longtemps que nécessaire.
Le Premier ministre australien âgé de 68 ans a reconnu dimanche que sa politique irakienne était impopulaire auprès d'une bonne partie de la population mais estimé qu'"un retrait prématuré d'Irak serait perçu comme une défaite de l'Occident".
"M. Howard a beaucoup d'expérience pour ce qui est de mener l'Australie à la guerre sans stratégie de sortie", a répliqué Kevin Rudd, et "M. Howard a beaucoup d'expérience pour ce qui est de nier que le changement climatique représente un défi économique et environnemental pour l'avenir de ce pays".
Kevin Rudd, 50 ans, a pour sa part promis que l'Australie, s'il était élu, ratifierait le protocole de Kyoto pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre.