Le ministre a indiqué au comité permanent des Affaires internationales qu'un nouvel accord à cet effet avait été conclu avec le gouverneur de la province de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan. Cette entente permettra aux Canadiens de visiter les détenus qu'ils ont transférés afin de s'assurer qu'ils sont bien traités.
"Nos militaires - ou d'autres personnes - pourront avoir accès à nos détenus", a-t-il précisé au comité permanent des Affaires étrangères et du Développement international.
Le ministre O'Connor a par ailleurs assuré que le gouvernement continuerait à collaborer avec la Commission indépendante des droits de la personne de l'Afghanistan pour documenter les allégations de torture et d'abus rapportés par les médias au cours des derniers jours.
Tant le ministre O'Connor que le premier ministre Stephen Harper ont répété mercredi qu'on ne leur avait jamais fait rapport sur des incidents semblables à ceux dont faisait état un journal en début de semaine.
Une trentaine de détenus talibans ont récemment confié au journal torontois qu'ils avaient été maltraités après avoir été transférés dans des prisons locales. Certains ont raconté qu'ils avaient été battus, fouettés, privés de sommeil ou laissés à l'extérieur sans vêtements malgré le froid.
D'après le quotidien, l'ambassade du Canada à Kaboul avait déjà prévenu le gouvernement conservateur de la mauvaise réputation des systèmes judiciaires et carcéraux afghans en matière de droits humains.
Le ministre O'Connor a toutefois démenti avoir eu ce document en main. Son collègue des Affaires étrangères, Peter Mackay, a tenu le même discours.
Il a ajouté qu'un document sur l'Afghanistan avait été transmis à tous les organismes gouvernementaux impliqués dans la mission dans ce pays, c'est-à-dire la Défense nationale, l'Agence canadienne de développement international (ACDI) et le Conseil privé, mais qu'il ne contenait rien d'exceptionnel.
Pour le chef libéral Stéphane Dion, l'attitude des conservateurs dans ce dossier est absolument irresponsable. A l'issue du caucus de son parti, il a même accusé le premier ministre et le ministre de la Défense d'avoir systématiquement menti au peuple canadien en tentant de camoufler une vérité choquante.
Son parti a une nouvelle fois demandé au chef du gouvernement de démettre Gordon O'Connor de ses fonctions. Cette requête a aussi été formulée en Chambre par plusieurs députés du Bloc québécois et du Nouveau Parti démocratique.
Les partis d'opposition ont aussi continué à insister pour que le gouvernement suspende immédiatement les transferts, jusqu'à ce qu'une solution acceptable soit identifiée.
D'après les libéraux, le Bloc et le NPD, le Canada viole la Convention de Genève en remettant des prisonniers de guerre à des groupes susceptibles de les torturer.