Des représentants de la GRC et des services frontaliers américains ont demandé mardi durant une présentation bilingue à quelque 120 résidants de Derby Line au Vermont et de Stanstead au Québec s'ils avaient des pistes de solution.
Le coeur du problème se situe sur trois rues résidentielles non surveillées qui relient les deux municipalités. Des gens s'y rendent d'aussi loin que le Colorado ou la Californie pour essayer de franchir la frontière illégallement.
Les résidants des deux villages profitent d'un accès informel entre les deux pays depuis des années, se rapportant aux postes frontaliers voisins quand ils ont quelque chose à déclarer.
Plusieurs craignent que la solution amènera une division entre les deux communautés.
"Nous oublions qu'il y a une ligne, a expliqué Peter Carragher qui vit du côté canadien. Nous avons les mêmes intérêts, les mêmes goûts, les mêmes coutumes. Les familles sont mélangées. Nous ne faisons pas de différence entre les communautés ici."
L'agent de la GRC Gregory Bishop a indiqué que le nombre d'incidents impliquant un passage illégal entre les deux pays avait bondi depuis 12 ans.
Dans les six premiers mois de 2007, 32 personnes ont été interceptées dans six opérations entre Derby Line et Stanstead, comparativement à 44 personnes dans 15 opérations durant toute l'année 2006 et à 27 personnes lors de huit opérations en 2005.
"Nous savons combien nous en arrêtons, mais nous ne savons pas combien nous en manquons sur ces routes non surveillées", a déclaré Rosendo Hinojosa, chef adjoint au bureau de Swanton des services frontaliers américains.
La volonté de resserrer la sécurité sur ces rues vient des agents de la paix et non des gouvernements, a précisé M. Bishop.
Il a ajouté que la solution pourrait être aussi simple que de placer des blocs de béton géants avec des fleurs au milieu des rues pour restreindre l'accès aux véhicules.
Les piétons ne sont pas un problème, a-t-il dit.
Les résidants ont semblé peu enthousiasmés par toutes mesures qui pourraient diviser leur communauté.
M. Bishop a demandé aux autorités municipales des deux villes de lui fournir des pistes de solution. Il a dit qu'il ne voulait pas imposer les vues des services frontaliers, mais trouver une solution qui pourrait satisfaire tout le monde.