Selon le colonel Franz Polzer, des analyses d'ADN montrent qu'Elisabeth avait rédigé un message à sa famille, qui la croyait entrée dans une secte, et dans lequel elle disait vouloir revenir près des siens. Mais "ce n'est pas encore possible", précisait-elle.
Le père "envisageait peut-être de mettre fin à sa captivité", a déclaré le policier à l'Associated Press. D'après lui, "cela montre comment il avait parfaitement tout planifié." Elisabeth Fritzl, âgée de 42 ans, a été régulièrement violée par son père et a donné naissance à sept enfants, dont six sont encore en vie.
Le porte-parole du Bureau d'enquête fédéral, Helmut Greiner, a pour sa part rapporté jeudi que Josef Fritzl menaçait régulièrement de gazer sa fille et les six enfants nés de leurs relations incestueuses s'ils tentaient de prendre le contrôle. Les enquêteurs vérifiaient l'existence d'un tel dispositif, signalé par le suspect.
Ils cherchaient également à déterminer si l'homme a, comme il le dit, équipé la porte renforcée menant à la cave d'un minuteur. L'appareil était, selon lui, censé permettre d'ouvrir facilement la porte au cas où il s'absenterait pendant plus longtemps que la normale.
Cette incroyable affaire a éclaté le 19 avril à l'occasion de l'hospitalisation de la fille d'Elisabeth, Kerstin, 19 ans, qui souffrait d'un mal non-identifié. Fritzl avait autorisé sa fille à se rendre à l'hôpital, ce qui a donné à cette dernière l'occasion de raconter son histoire.
Quelques jours avant la confession d'Elisabeth, des policiers avaient semble-t-il eu des soupçons et débuté une enquête sur Fritzl. La police avait décidé de comparer l'ADN de Fritlz et celui de Kerstin, ainsi que celui des membres de la famille vivant sous son toit.
La lettre fait partie des preuves que les autorités tentent de réunir pour établir la double vie de Josef Fritzl. Parmi les crimes les plus graves confessés par Fritzl figure l'incinération du corps d'un bébé mort peu après sa naissance. L'homme a réussi à élever trois de ses sept enfants avec sa femme, à laquelle il a fait croire qu'ils leur avaient été confiés par Elisabeth, partie vivre dans une secte.
La police de Haute-Autriche cherchait par ailleurs à savoir si Fritzl pourrait être impliqué dans le meurtre non résolu d'une jeune femme, commis il y a plus de vingt ans près de Mondsee, un village où sa femme possédait une auberge et un terrain de camping. "Nous n'avons pas de signe pour l'instant" d'un éventuel lien, a précisé Alois Lissl, chef de la police de ce Land.
Etablir le profil psychologique de Fritzl s'avère difficile, car il refuse de répondre à toute nouvelle question, a regretté la police.
D'après Leopold Etz, chef de la brigade des homicides de Basse-Autriche, Fritzl aurait agi seul. "Je pense que nous pouvons écarter toute complicité", a-t-il dit à l'AP.
Des tests ADN ont démontré qu'aucune autre personne n'avait pénétré dans la cave, et les enquêteurs n'ont pas à ce jour d'indication que l'épouse du suspect et mère de la jeune femme avait connaissance ou était impliquée dans la séquestration.
Un ancien locataire de Josef Fritzl, Alfred Dubanovsky, qui a vécu au rez-de-chaussée de l'immeuble, a cependant déclaré à l'AP jeudi qu'il avait entendu des bruits du sous-sol. Fritzl lui aurait affirmé que cela provenait de la chaudière à gaz. Dubanovsky a également indiqué que Fritzl lui aurait dit que "cette maison entrera un jour dans l'histoire".