Il cherchait en effet à y séduire l'électorat de la classe ouvrière blanche, ce même électorat qui lui a une nouvelle fois tourné nettement le dos lors de la primaire de Virginie occidentale.
Dans la banlieue de Detroit, bastion de l'automobile en crise, il s'est engagé à débloquer des milliards de dollars pour relancer l'industrie de l'Etat et éviter les délocalisations. Il est également revenu sur son projet de promouvoir de nouvelles filières, ces "technologies propres" créatrices d'emploi qu'il appelle de ses voeux.
Déjà dans l'optique de novembre, il a multiplié les critiques envers le candidat républicain John McCain, jugeant que ce dernier n'avait proposé aucune solution concrète contre les pertes d'emploi dans le Michigan.
Le sénateur métis de l'Illinois a également visité une usine Chrysler à Sterling Heights. La région regorge de ces indécis qu'on surnomme les "Reagan Democrats", qui souvent ont abandonné le parti démocrate quand ils jugeaient le candidat trop progressiste, mais rejetté ainsi les républicains quand ils les trouvaient trop éloignés des préoccupations de la classe ouvrière.
Les stratèges estiment que le Michigan est crucial pour Obama. McCain y est venu maintes fois depuis le début de la campagne, alors que les démocrates en ont été écartés par la force des choses, l'Etat ayant été exclu du décompte officiel des délégués, tout comme la Floride, par les instances nationales du parti, pour avoir violé les règles régissant les dates d'organisation de ces primaires.
Obama a donc aussi tenté de conforter des démocrates du Michigan dépités et furieux, alors qu'on ne sait pas encore si leur vote finira par être pris en compte et leurs délégués par siéger à la Convention d'août à Denver. Obama leur a promis que ces délégués "feront pleinement entendre leur voix dans ce qui se passera à la convention".
Bonnes nouvelles pour Obama, il a enregistré mercredi le soutien de trois superdélégués supplémentaires, ainsi que celui du NARAL, un des principaux lobbies pro-avortement du pays, qui avait pourtant soutenu Hillary Clinton pendant toute sa carrière mais joue désormais gagnant.
Enfin, soutien de poids alors que l'économie est devenue la première préoccupation des électeurs américains, l'ancien président de la Fed, la banque centrale américaine, Paul Volcker, s'est aussi rangé derrière le sénateur métis.
Enfin, signe supplémentaire que la fin de course approche et qu'il est urgent de panser les blessures du parti démocrate, les deux rivaux ont accepté de commencer à lever des fonds ensemble: sur une idée lancée en février par le président du parti Howard Dean, tout l'argent récolté par le Fonds "Democratic White House victory" ira désormais à celui des deux qui décrochera la nomination.