Le flamand Guy Verhofstadt avait été reçu par le roi en début d'après-midi. Quelques plus tard, le palais royal a annoncé dans un communiqué que le roi lui a demander "de l'informer à très court terme sur la manière de sortir de l'impasse actuelle et de prendre tous les contacts nécessaires à cet effet". Cela pourrait signifier la formation d'un gouvernement d'urgence destiné à sortir la Belgique de la crise politique qui oppose wallons et flamands.
Samedi, le chef des démocrates-chrétiens flamands Yves Leterme, qui avait été chargé de former un gouvernement, avait officiellement renoncé à sa mission en présentant sa démission au roi Albert II.
Guy Verhofstadt dirigeait une coalition regroupant des libéraux et des socialistes avant les élections du 10 juin dernier, mais elle a perdu sa majorité lors de ce scrutin, qui a vu les démocrates-chrétiens flamands devenir le premier parti du pays.
Depuis, en raison de la crise, le gouvernement de M. Verhofstadt a continué à gérer les affaires courantes, mais son pouvoir reste limité, et il ne peut guère prendre de mesures nouvelles, ce qui devient urgent dans certains domaines, notamment sur le plan économique et social. Avec un nouveau mandat, il pourrait disposer d'un pouvoir élargi.
"Il y des questions urgentes dont il faut s'occuper", a déclaré Patrick Dewael, actuel ministre de l'Intérieur. "Nous sommes devenus la risée du monde", estimait pour sa part Karel de Gucht, l'actuel ministre des Affaires étrangères.
Le roi avait accepté ce week-end la démission d'Yves Leterme, prenant implicitement acte du profond divorce entre les partis flamands et francophones belges.
Après plus de 170 jours de crise, Yves Leterme n'avait pu trouver un compromis entre les formations de centre-droit flamandes et wallonnes pour constituer une coalition "orange bleue". Le chef du CVD n'était pas parvenu à convaincre les chrétiens-démocrates francophones sur son plan de réforme de l'Etat destiné à donner plus d'autonomie aux régions.
Les chrétiens-démocrates et les libéraux ont remporté 81 des 150 sièges à pourvoir lors des élections législatives du 10 juin. Mais les pourparlers de coalition n'ont pas abouti, les francophones (4,5 millions) dénonçant constamment le degré d'autonomie réclamé par les néerlandophones (6 millions), majoritaires au sein de la fédération belge et soupçonnés par la communauté rivale de vouloir leur indépendance.