"Nous refusons d'être à la remorque du gouvernement fédéral", a plaidé le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, mercredi, en point de presse.
"Il n'y a absolument aucun problème à ce que le gouvernement du Québec planifie déposer son propre budget avant le budget fédéral", a-t-il ajouté, en guise de réplique au chef de l'opposition officielle, André Boisclair.
Le jour même, ce dernier reprochait au premier ministre Jean Charest d'envisager la possibilité de déclencher une élection générale à très court terme, sans avoir obtenu de garanties d'Ottawa sur les sommes à venir dans le budget fédéral.
"Nous sommes autonomes. Nous faisons nos propres choix budgétaires", a fait valoir le ministre Pelletier.
A ses yeux, M. Boisclair fait preuve d'incohérence, en ayant réclamé des élections l'automne dernier, donc à un moment où "il n'y aurait pas eu plus de résultats en ce qui concerne les négociations sur le déséquilibre fiscal".
Selon lui, M. Boisclair "a insisté pour que nous déclenchions alors les élections et aujourd'hui il voudrait que nous attendions le dépôt d'un budget fédéral avant même de songer à déclencher des élections", a-t-il ajouté, sans confirmer ou infirmer aucun des scénarios qui circulent quant à la date du déclenchement du scrutin.
En fait, M. Boisclair disait l'automne dernier qu'il s'attendait à ce que le premier ministre Charest déclenche des élections avant la fin de 2006.
De son côté, en décembre, lors d'une conférence de presse, le premier ministre Charest avait laissé entendre qu'il souhaitait connaître le contenu du prochain budget fédéral - et les sommes versées au Québec - avant de fixer la date des prochaines élections.
Le gouvernement de Stephen Harper s'est engagé à présenter un correctif au déséquilibre fiscal, à la satisfaction du Québec, dans son prochain budget, attendu le 20 mars.
Par ailleurs, M. Pelletier était peu loquace quant aux conclusions de la conférence téléphonique du Conseil de la fédération, survenue mercredi entre les premiers ministres provinciaux, à l'approche du budget fédéral.
Une rencontre en bonne et due forme avait été planifiée à Toronto, mercredi, mais avait été annulée la semaine dernière, sans explication.
Il ne faut pas pour autant y voir "un coup de grâce pour le conseil de la fédération", a dit le ministre.
La question de la péréquation, "extrêmement délicate", divise toujours les premiers ministres, a-t-il convenu, au terme de la conférence.
Par contre, ils ont réitéré leur position commune en vue de faire pression sur Ottawa pour que soient augmentés sensiblement les paiements de transferts aux provinces relatifs à l'éducation postsecondaire.