Blair est arrivé à la Maison Blanche où il devait avoir un dîner privé avec George W. Bush. Le président américain et son épouse Laura l'ont brièvement accueilli devant les caméras, mais aucune allocution publique n'était prévue dans la soirée. Après avoir passé la nuit à la Maison Blanche, le Premier ministre britannique discutera de différentes questions avec le président américain, puis ils tiendront une conférence de presse commune.
Cette rencontre pourrait constituer une opportunité pour ces deux proches alliés de montrer une nouvelle fois leur unité concernant la très impopulaire guerre en Irak, et essayer d'aplanir leurs divergences en matière de commerce et de changement climatique.
Les divergences concernant le changement climatique et la politique commerciale font l'objet d'intenses négociations entre les pays européens et les Etats-Unis, et feront partie des sujets prioritaires abordés lors du G8 qui se tiendra en Allemagne début juin.
"Les négociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) seront en tête d'agenda car le moment de vérité approche", a déclaré un porte-parole officiel de Tony Blair sous couvert d'anonymat. "La période précédant le sommet du G8 sera importante, particulièrement sur le changement climatique."
Mais la visite de Tony Blair à Washington fait aussi partie de sa tournée d'adieux avant son départ de Downing Street, puisqu'il a annoncé qu'il quittera son poste de Premier ministre le 27 juin prochain, après dix ans passés au pouvoir.
Son départ soulève une certaine incertitude sur les relations entre Londres et Washington, Gordon Brown, le successeur probable de Tony Blair, n'ayant pas pris de position claire sur de nombreux sujets en matière de politique étrangère. Il ne devrait pas non plus cultiver une amitié avec M. Bush comme c'était le cas de M. Blair.
La démission de M. Blair va aussi retirer à M. Bush son partenaire international le plus fiable.
Bien que le Premier ministre britannique continue à se féliciter de sa relation avec le président américain, leur amitié a joué un grand rôle dans sa chute.
Dans une interview à NBC Nightly News, mardi, M. Blair a affirmé qu'il était habitué à un niveau "très intense" de critiques concernant la participation de la Grande-Bretagne à la guerre en Irak, et il a salué l'attitude de M. Bush. "J'ai trouvé que c'était quelqu'un d'extrêmement honnête, quelqu'un qui tient toujours ce qu'il dit, et un leader très solide", a affirmé le Premier ministre britannique.
Selon Michael Cox, spécialiste des relations transatlantiques, Blair voyage en territoire ami.
"Blair a davantage d'amis aux Etats-Unis qu'en Grande-Bretagne même, et davantage d'admirateurs dans le seul Texas qu'en France et en Allemagne réunies", a-t-il observé.
"Je pense que tous deux (Tony Blair et George W. Bush) sont assez sensibles à leur rôle historique", a-t-il ajouté. "Il sont tous les deux bien consients que leurs destins seront liés."