Le Premier ministre, qui a annoncé son prochain départ du pouvoir et la tenue d'élections générales anticipées, a cherché à minimiser l'ampleur de la défaite. "Tout le monde disait que nous allions être assommés, que ça allait être une déroute, mais cela n'a pas été le cas", a déclaré Tony Blair aux journalistes au sièges de son parti.
"On subit toujours un revers à mi-mandat, mais ces résultats constituent un très bon tremplin pour remporter les prochaines élections nationales", a ajouté le chef du gouvernement.
Le chef du Parti conservateur faisait une analyse inverse. "C'est une bonne série de résultats et je pense que nous pouvons vraiment construire dessus et aller vraiment de l'avant", s'est réjoui vendredi matin le patron des Tories, David Cameron.
Principal enjeu du scrutin de jeudi, le renouvellement du Parlement écossais d'Edimbourg donnait lieu à un suspense haletant puisqu'après attribution de 99 des 129 sièges, les travaillistes en obtenaient provisoirement 39, contre 36 aux indépendantistes du Parti national écossais (SNP).
Alors que le dépouillement se poursuivait pour l'attribution des 30 derniers sièges, les indépendantistes ne désespéraient pas de passer devant le Labour. Il s'agirait d'une évolution historique dans une Ecosse qui a donné systématiquement la victoire aux travaillistes dans tous les scrutins depuis un demi-siècle. Le SNP a promis, s'il prend le contrôle du Parlement régional d'Edimbourg, le Holyrood, d'organiser d'ici 2010 un référendum sur l'indépendance de l'Ecosse.
Dans cette région, la commission électorale envisageait d'ouvrir une enquête sur des dizaines de milliers de bulletins déclarés nuls afin de savoir si cette proportion inhabituellement élevée pouvait être due à la complexité d'un système électoral qui aurait dérouté une partie des électeurs.
Pour la première fois, le chef du Parti national écossais, Alex Salmond, a fait son entrée au Parlement d'Edimbourg et annoncé qu'il cumulerait ce siège avec celui qu'il détient déjà au niveau national à la Chambre des Communes à Londres. "Nous allons tous devoir accepter l'idée qu'une nouvelle politique est en train de voir le jour en Ecosse", a-t-il déclaré vendredi.
Outre le scrutin écossais, des élections municipales avaient lieu en Angleterre, où quelque 10.000 sièges de conseillers étaient à pourvoir, hormis à Londres. Après dépouillement dans 273 des 312 conseils municipaux, le Labour perdait 412 sièges de conseillers et cédait le contrôle de huit conseils municipaux, tandis que l'opposition conservatrice progressait de 748 sièges et prenait le contrôle de 33 nouveaux conseils municipaux, pour arriver désormais à un total de 144. Quant aux libéraux-démocrates, ils reculaient de 229 sièges et cédaient le contrôle de quatre conseils municipaux, pour en conserver un total de 21.
Au Pays-de-Galles, après attribution de 56 des 60 sièges de l'assemblée régionale de Cardiff, les travaillistes perdaient des sièges, mais restaient la principale formation du Parlement gallois, avec deux fois plus de sièges que la deuxième formation, le Plaid Cymru, le parti nationaliste gallois.
Au total, même si les électeurs ont infligé une série de revers embarrassants à un Tony Blair sur le départ, les travaillistes ont reculé moins que prévu et les conservateurs ont progressé moins qu'attendu, notamment dans le nord de l'Angleterre.
Sur Internet:
commission électorale: http://www.electoralcommission.org.uk/elections/election2007.cfm