Mercredi, la police britannique a confirmé qu'elle avait arrêté un homme suspecté d'avoir voulu assassiner le magnat russe. Elle a précisé que l'individu avait été appréhendé à Londres le 21 juin et l'avait remis aux services de l'immigration deux jours plus tard.
Il y a environ trois semaines, "j'ai été informé par Scotland Yard qu'il y avait un complot pour me tuer et ils m'ont recommandé de quitter le pays", a dit Berezovski à l'Associated Press. Il a expliqué qu'il avait quitté immédiatement la Grande-Bretagne pendant environ une semaine avant de rentrer quand Scotland Yard lui a dit que la situation le permettait.
Les déclarations de Berezovski risquent sans nul doute d'alimenter la vive tension qui préside actuellement aux relations brito-russes après le refus officiel de Moscou d'extrader l'homme d'affaires russe et ex-agent du KGB Andreï Lougovoï, suspecté par Londres dans l'enquête sur l'assassinat de l'ancien espion Alexandre Litvinenko.
Scotland Yard s'est refusé à tout commentaire.
Peu avant son décès le 23 novembre dans un hôpital de Londres des suites d'un empoisonnement au polonium-210, une substance radioactive rare, Alexandre Litvinenko avait estimé que le président Vladimir Poutine était impliqué. Il avait aussi accusé les autorités russes d'être responsables du meurtre de la journaliste Anna Politkovskaïa.
L'ancien espion, qui comptait au moment de sa mort au nombre des opposants au Kremlin, avait affirmé qu'il était tombé malade après avoir rencontré Andreï Lougovoï et Dimitri Kovtoune dans un hôtel de la capitale britannique. Des traces de radioactivité avaient été découvertes dans l'établissement ainsi que dans une dizaine d'autres endroits à Londres après la mort de Litvinenko, dont trois hôtels, un stade, deux avions et un bâtiment de bureaux où se rendait Boris Berezovski.
Les autorités russes ont suggéré, elles, que l'assassinat de Litvinenko avait été commandité par des ennemis de Poutine à l'étranger comme Boris Berezovski.