Son vice-Premier ministre a en revanche agité le spectre du déploiement de missiles dans l'enclave russe de Kaliningrad, coincée entre la Pologne et la Lituanie.
Lors de sa récente rencontre informelle avec George W. Bush dans le Maine, le chef du Kremlin a proposé de transformer le projet américain en un système plus large qui intégrerait un système radar dans le sud de la Russie et impliquerait davantage de pays européens dans le processus de prise de décision. Il a même suggéré de créer des centres d'échanges d'informations à Moscou et à Bruxelles.
Le projet actuel de Washington, qui a contribué au refroidissement des relations entre les deux pays, prévoit le déploiement d'éléments d'un système de défense anti-missile en Pologne et République tchèque.
"Nous n'exigeons pas de réponses immédiates à nos offres", a déclaré mardi Vladimir Poutine à Guatemala City, où il assurait la promotion de la ville russe de Sotchi, candidate à l'organisation des Jeux olympiques d'hiver 2014. "Notre but est de formuler l'offre et d'en parler à notre partenaire. Nous attendrons la réponse définitive", a-t-il ajouté.
Selon lui, "le monde serait plus sûr et cela contribuerait à un nouveau développement des relations entre la Russie et les Etats-Unis" si Washington acceptait sa proposition.
Lundi, George W. Bush avait qualifié la proposition russe de "très sincère" et "très innovante". Toutefois, "je pense que la République tchèque et la Pologne doivent faire partie intégrante du système", avait-il ajouté.
Le vice-Premier ministre russe Sergueï Ivanov, considéré comme le possible candidat de M. Poutine à l'élection présidentielle de mars 2008, a pour sa part suggéré mercredi que Moscou pourrait installer de nouveaux missiles dans l'ouest de la Russie, près de la Pologne, si Washington refusait le compromis.
"Si notre proposition est acceptée, nous n'aurons pas besoin de déployer de nouvelles armes, y compris des missiles, dans la partie européenne de la Russie, y compris Kaliningrad, pour parer aux menaces qui pourraient apparaître -et elles apparaîtront certainement-si la décision est prise de déployer un système de défense anti-missile en République tchèque et en Pologne", a lancé M. Ivanov à la télévision.
"Si notre proposition n'est pas acceptée, nous prendrons les mesures appropriées. Nous sommes déjà en train de les prendre. Une réponse asymétrique et efficace a été trouvée. Nous savons ce que nous faisons", a-t-il menacé, cité par l'agence de presse ITAR-Tass.
Vladimir Poutine a également déclaré qu'au cas où les Etats-Unis maintiendraient leur projet, son pays pourrait déployer des missiles à Kaliningrad, le territoire le plus occidental de la Russie, enclavé entre la Lituanie au nord et la Pologne au sud.