Après un petit-déjeuner consistant, les deux hommes ont commencé la journée par une partie de pêche dans l'Atlantique à bord d'un bateau piloté par le père de M. Bush, l'ancien président George H.W. Bush. Durant cette sortie en mer d'une heure et demie, à proximité des côtes, M. Poutine a pris un poisson tandis que son hôte est resté bredouille. Les deux chefs d'Etat ont ensuite rejoint la résidence familiale des Bush à Kennebunkport (Maine) pour reprendre leur dialogue entamé la veille.
L'atmosphère décontractée de la rencontre ne faisait toutefois pas oublier les tensions récentes sur le sort du Kosovo, la situation de la démocratie en Russie, l'élargissement de l'OTAN ou encore le projet de boulier antimissile américain en Europe, qui ont contribué à brouiller les relations, auparavant chaleureuses, entre MM. Bush et Poutine.
Les deux hommes ont cependant présenté lundi un front uni sur le dossier du programme nucléaire iranien, même si a priori ils ne sont pas d'accord sur la ligne à adopter face à Téhéran. "Lorsque la Russie et les Etats-Unis expriment le même point de vue, cela tend à avoir de l'effet et donc j'apprécie l'attitude des Russes aux Nations unies", a déclaré M. Bush. "Nous sommes proches pour reconnaître que nous devons travailler ensemble pour envoyer un message commun."
De son côté, M. Poutine a indiqué qu'il y aurait "d'autres échanges" sur le sujet. Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont commencé à débattre d'un projet américain visant à sanctionner l'Iran pour son refus persistant de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium.
Washington, Moscou et les autres membres permanents du Conseil ont toutefois indiqué qu'ils s'abstiendraient de toute nouvelle sanction alors qu'ils cherchent à relancer les négociations sur le nucléaire iranien si Téhéran cesse d'étendre ces activités sensibles.
On ne savait pas dans l'immédiat si MM. Bush et Poutine s'étaient mis d'accord concrètement sur une stratégie commune ou s'ils voulaient simplement montrer à leur opinion qu'ils étaient sur la même ligne concernant l'Iran.
Sur la question épineuse du bouclier antimissile, M. Poutine a proposé de transformer le projet américain en un système plus large qui intégrerait un système radar dans le sud de la Russie et impliquerait davantage de pays dans le processus de prise de décision. "La relation de nos deux pays serait portée à un niveau totalement nouveau", a déclaré le président russe, au côté de son hôte.
Le projet actuel de Washington, qui irrite vivement Moscou, prévoit le déploiement d'éléments d'un système de défense anti-missile en Pologne et République tchèque. M. Bush a qualifié la proposition de son invité de "très sincère" et "très innovante". Toutefois, "je pense que la République tchèque et la Pologne doivent faire partie intégrante du système", a-t-il ajouté.
A Genève, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a émis l'espoir que la rencontre Bush-Poutine permettrait d'aplanir les divergences sur le statut du Kosovo. La plupart des membres du Conseil de sécurité sont favorables à une indépendance de la province serbe sous supervision internationale, a-t-il souligné. Mais la Russie, alliée traditionnelle de Belgrade, s'est jusqu'ici opposée à cette perspective.