Le sénateur Roméo Dallaire a soutenu que le Canada avait une position unique, en tant que moyenne puissance, pour encourager ses alliés, en particulier les Etats-Unis, à débarrasser le monde des armes nucléaires. Le lieutenant-général à la retraite a estimé que le Canada ne pouvait plus rester à l'écart du débat et s'en laver les mains.
Un peu plus d'une vingtaine de participants étaient réunis dans le petit village de Pugwash, en Nouvelle-Ecosse. La première "Pugwash Conference on Science and World Affairs" a eu lieu il y a 50 ans dans le village d'origine de son organisateur, le philanthrope Cyrus Eaton. Celui-ci avait invité des experts du monde entier à sa résidence d'été pour parler de la question des armes nucléaires durant la guerre froide.
Depuis, des centaines de réunions du mouvement ont eu lieu, et l'organisation a remporté le prix Nobel de la paix en 1995.
M. Dallaire a donné crédit au mouvement pour avoir garder la question des armes nucléaires dans l'esprit du public. Il a estimé que même si la nature de la menace nucléaire avait changé, elle pesait encore sur le monde après cinq décennies.
Il y aurait environ 27 000 ogives nucléaires dans le monde aujourd'hui et elles se retrouvent entre les mains d'un nombre grandissant d'Etats, spécialement depuis que des pays comme Israël, la Corée du Nord et possiblement l'Iran en développent.
Des milliers peuvent être lancés dans un délai d'une demi-heure et la plupart appartiennent à la Russie et aux Etats-Unis.
L'ancien sous-secrétaire général des Nations unies pour le désarmement, le sri-lankais Jayantha Dhanapala, a indiqué que ces deux superpuissances devaient mener la voie vers le désarmement. Il a estimé que la présence d'importants arsenaux dans ces deux pays incite les autres à développer leurs propres armes. "Nous voulons que les Etats possédant des armes nucléaires tiennent leurs promesses et se débarrassent de leurs armes nucléaires", a-t-il dit.
Le président de la Middle Power Initiative, l'ancien sénateur conservateur Douglas Roche, a reconnu que le Canada ne pouvait accomplir tout seul le désarmement nucléaire du monde. Il a soutenu que le Canada devait plutôt coopérer avec des pays similaires à lui et faire pression sur les puissances nucléaires, surtout les Etats-Unis, qui ignorent plusieurs traités de non-prolifération.
"Le Canada doit utiliser toute sa force diplomatique pour, en premier lieu, développer un programme de désarmement nucléaire, ce que le gouvernement présent n'a pas, a-t-il dit. Et ensuite, il doit utiliser ce plan et l'amener à Washington pour expliquer que la question touche toute l'humanité."
La conférence, tenue en grande partie à huis clos pour promouvoir un débat libre, se poursuivra toute la fin de semaine.
En plus de Roméo Dallaire, le ministre canadien des Affaires étrangères, Peter MacKay, le premier ministre de Nouvelle-Ecosse, Rodney MacDonald, et le maire de Hiroshima, au Japon, Tadatoshi Akiba, devraient s'adresser aux délégués.