Cet ingénieur, totalement innocenté en septembre 2006 de tout lien avec des terroristes présumés par une commission d'enquête, n'arrive toutefois pas, malgré l'appui du Canada, à convaincre les Etats-Unis de rayer son nom de leur liste des personnes à surveiller pour des raisons de sécurité, et donc interdites de séjour. L'administration américaine soutient posséder des informations qui l'incitent à laisser M. Arar sur la liste des indésirables car représentant une menace. L'intéressé poursuit également le gouvernement américain.
Le Premier ministre Stephen Harper a présenté vendredi à Maher Arar et sa famille, au nom du gouvernement du Canada, des excuses "pour le rôle que les responsables canadiens ont pu jouer" dans sa déportation non justifiée vers la Syrie en 2002.
Maher Arar a été déporté par les Etats-Unis alors qu'il se trouvait en transit dans un aéroport de New York, entre la Tunisie, où il avait passé des vacances familiales, et Ottawa. Emprisonné pendant un an à Damas, le suspect a avoué sous la torture des liens avec Al-Qaïda avant d'être remis en liberté dix mois plus tard, les autorités syriennes ne voyant pas de raison de le détenir plus longtemps.
La commission d'enquête publique a conclu après deux ans d'investigations que la Gendarmerie royale du Canada avait commis une erreur en présentant M. Arar comme un fondamentaliste musulman; elle a aussi reproché aux Etats-Unis de ne pas avoir tenu compte des protestations du prisonnier et surtout de ne pas avoir avisé correctement les autorités canadiennes de la situation avant de procéder à la déportation.
"Il y a des moments où j'ai perdu espoir" pendant la procédure, a admis M. Arar, qui a remercié ses proches ainsi que la population canadienne de l'avoir soutenu dans sa lutte. L'indemnisation "signifie beaucoup pour moi (...) Ma souffrance et celle de ma famille ne se sont pas arrêtées après mon retour. Le combat pour la justice, pour blanchir mon nom, a été long et difficile".
Mais il reste les fichiers américains. L'ambassadeur américain au Canada, David Wilkins, a publié vendredi une déclaration écrite réaffirmant que la position du gouvernement des Etats-Unis n'avait pas changé.
Maher Arar a été repéré par la Gendarmerie royale du Canada en octobre 2001 en raison de ses liens avec Abdullah Almalki, visé par une enquête antiterroriste. Une enquête distincte est maintenant menée sur le cas de M. Almalki et de deux autres Arabo-canadiens qui, comme M. Arar, ont été emprisonnés en Syrie.