Elle entend aussi se battre pour un meilleur contrôle des armes à feu en Virginie, un débat qui était cher à sa mère avant que cette dernière ne soit abattue dans le massacre, lundi dernier.
Jocelyne Couture-Nowak enseignait le français à Virginia Tech lorsque le tireur fou Cho Seung-Hui a fait irruption dans sa classe et l'a tuée, ainsi que certains de ses étudiants, avant de se suicider.
"C'est d'abord une bien triste chose que quelqu'un qui n'est pas stable mentalement ait été réadmis sur le campus", a indiqué jeudi Francine Dulong, depuis la maison de son beau-père, Jerzy Nowak, qui enseigne aussi à l'université.
Avec un registre des armes à feu semblable à celui du Canada et des lois qui encadrent davantage l'achat de munitions, "quelqu'un comme ce jeune homme n'aurait pas eu accès à ce qu'il avait", a-t-elle estimé. "C'était un dossier très important pour ma mère et c'est une ironie très cruelle que ceci lui soit arrivé."
Bien qu'elle sache que cela sera éprouvant, la jeune femme de 23 ans aimerait parler aux survivants de la fusillade afin de pouvoir recréer les derniers instants de la vie de sa mère.
"Qu'ils me racontent ce qu'ils veulent bien, la vérité est la chose la plus importante", a-t-elle dit. "Des histoires sur la façon dont elle leur enseignait. Comment elle a pu tenir bon dans ce genre de situation."
"J'ignore si au moins un des étudiants de cette classe en particulier voudra me parler, mais je l'espère bien."
L'étudiante de Vancouver aimerait pouvoir partager des anecdotes positives à propos de sa mère, qui a grandi au Québec avant de déménager à Truro, en Nouvelle-Ecosse. Un service commémoratif est en préparation sur le campus. Les arrangements funéraires n'ont pas encore été complétés.
Le Collège d'agriculture de la Nouvelle-Ecosse, où Mme Couture-Nowak et son second mari ont tous deux enseigné, ainsi que l'Ecole acadienne de Truro, qu'elle a aidé à fonder, ont prévu un service commémoratif ce vendredi.
Sa famille a déménagé en Virginie en 2001. Francine Dulong a une soeur de 12 ans, Sylvie, et une demi-soeur, Magda Nowak.
Entre-temps, il est important pour elle d'aller au fond de ce qui s'est passé, a-t-elle dit. "Ce n'est pas un accident d'automobile et ce n'est pas un accident d'avion. C'est un événement très tragique. C'est un établissement d'éducation, ce qui est complètement à l'opposé de ce qui s'est produit lundi."
Déjà, quelques détails ont émergé. Au moins deux survivants ont raconté comment l'enseignante a jeté un coup d'oeil dans le couloir au son des coups de feu, avant de fermer la porte, de demander à un étudiant d'appeler le 9-1-1 et de diriger tous les étudiants dans le fond de la classe.
Une table placée en travers de la porte n'a pas empêché Cho de s'introduire dans la classe. Il a fait feu de façon systématique, puis s'est suicidé, toujours à l'aide de son arme, au devant de la classe.