M. Hillier assure cependant que si les insurgés font des progrès, les troupes canadiennes demeurent un pas en avance sur leurs adversaires, les dispositifs explosifs et les pièges déployés à la grandeur de l'Afghanistan.
"Les talibans ne sont pas des guerriers de 10 pieds de haut, mais en même temps, il ne faut pas les prendre à la légère", a déclaré le général Hillier lors d'une entrevue de fin d'année accordée à La Presse Canadienne, vendredi.
Les bombes utilisées par les talibans sont de plus en plus puissantes depuis que les premières troupes canadiennes ont commencé à être déployées dans le secteur de Kandahar dans le cadre de leur plus récente mission sur le sol afghan, il y a près de deux ans.
Les véhicules blindés légers de transport de troupes ont tout d'abord été une source de frustration pour les insurgés, légèrement armés, dont les balles et grenades ricochaient contre le blindage renforcé des véhicules LAV III. Leur agacement s'est accentué lors les Canadiens ont commencé à déployer leurs chars Leopard 2, de 62 tonnes.
Les talibans ont réagi en commençant à empiler les mines antichar les unes sur les autres, avant de les enterrer le long des routes de terre et de gravier qui traversent le paysage lunaire et les terres agricoles situés à l'ouest de Kandahar. Ces dispositifs explosifs de circonstance, dont la déflagration est provoquée par pression ou au moyen d'un signal envoyé par téléphone cellulaire, ont été responsables de la mort de la majorité des 73 soldats canadiens tués au combat en Afghanistan.
Le général Hillier a indiqué que les insurgés avaient fait preuve d'astuce dans leurs tentatives de domination des troupes canadiennes.
"Nous savons qu'ils nous observent, a-t-il indiqué. Ils surveillent nos tactiques. Oui, ils apprennent. Les dispositifs explosifs de circonstance ne deviennent pas plus sophistiqués. Ils deviennent plus sophistiqués dans la façon dont ils sont utilisés, la façon dont ils sont disposés, les endroits où ils sont disposés."